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SOPECAM: Le Controle Supérieur de l'Etat épingle Marie-Claire Nnana
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Douala, 22 Janvier 2013
© Michel Michaut Moussala | Aurore Plus
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Une mission du contrôle supérieur de l’Etat épluche les comptes de cette société à capitaux publics dirigée depuis 2002 par Marie-Claire Nnana.
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Gouvernance – Consupe à la Sopécam: Entre mauvaise gestion financière et népotisme à outrance


I- L’agnelle se transforme en louve

Ils sont cinq cadres du Contrôle supérieur de l’Etat (Consupe) qui ont élu domicile dans la salle des conférences de rédaction de Mme le Directeur général de la Société de presse et d’Editions du Cameroun (Sopécam) pour une durée de six mois. Leur mission s’achève à la fin du mois de février. En 2002, des élections législatives doivent avoir lieu au Cameroun. La Sopécam qui est chargé d’imprimer les bulletins de vote, se dit prête à honorer son contrat par la bouche de son directeur général. Mais Jérôme Mvondo a menti et à entraîner dans son mensonge le ministre de l’Administration territoriale Ferdinand Koungou Edima qui vient de décéder. Ce manquement grave va obliger Paul Biya à reporter les élections de quelques jours. Tout furieux, il limoge Jérôme Mvondo de son poste de Directeur général de la Sopécam (il va revenir aux affaires comme Directeur général de la Sodecao quelques années plus tard grâce à l’appui de son ami Dieudonné Evou Mekou).

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, Ferdinand Koungou Edima, alors ministre de l’Administration territoriale va connaitre le même sort. Le 24 août 2002, il sera remplacé par un certain Marafa Hamidou Yaya. Quand Paul Biya demande à son entourage Beti de lui proposer quelqu’un pour remplacer Jérôme Mvondo, c’est tout naturellement le nom de Marie-Claire Nnana qui sort du chapeau ou plutôt de la bouche d’un certain… Martin Belinga Eboutou selon certaines sources. Cela est possible, parce que l’épouse de l’actuel Directeur du cabinet civil à la présidence de la République est un condisciple de Marie-Claire Nnana. D’autres y ont vu la main de René Owona alors Secrétaire général adjoint à la présidence de la République très proche du président Paul Biya.

Dès qu’elle accède au poste de Directeur générale en 2002, une certaine confusion règne dans l’opinion publique nationale. Le Grand Nord en général et la région de l’Adamaoua en particulier le revendiquent. A Ngaoundéré, tout comme à Meiganga, Banyo on se réjouit de cette nomination. A l’Ouest du pays, tout particulièrement dans les départements du Ndé et du Haut-Nkam on est content. Tous ont tapé à côté de la plaque. Marie-Claire Nnana est une Bene du département de la Mefou et Afamba, département d’origine des ministres Luc Magloire Mbarga Atangana (Commerce), Mme Ananga Messina Clémentine (ministre délégué à l’Agriculture et au développement rural) dont on disait, il n’y a pas longtemps qu’elle pourrait la remplacer un jour au gouvernement, mais maintenant tout est… compromis par la mission de contrôle du Consupe. D’autres sources auxquelles nous avons eu accès au cours de notre enquête affirment que les ascendants de Marie-Claire Nnana seraient d’origine Mvélé, arrondissements d’Awaé ou d’Essé, dans le même département de la Mefou et Afamba. Son nom Nnana ne serait qu’une mauvaise graphie du mot Nanga ou Nang qui veut dire albinos.

L’adjoint Shey Peter Mabu, anglophone du Nord-Ouest, département du Bui comme le Premier ministre Philemon Yang et le général Ivo Yenvo est un vieux journaliste, 68 ans, issu de la première cuvée (1973) de l’Esijy. Le docteur Mabu s’était déjà retiré du journalisme quand il fut rappelé pour devenir directeur général adjoint de Marie-Claire Nnana née en 1959. Cela grâce au professeur Jacques Fame Ndongo qui avait vite compris que les Anglophones étaient lésés dans le partage des postes relatifs aux métiers de l’information et de la communication publiques. Il en a fait de même pour le professeur Francis Kemgne Wete, bamiléké (département du Ndé) anglophone né à Kumba (1943 officiellement) qui est l’adjoint de Amadou Amadéouna Vamoulké, directeur général de la Crtv, né en 1950 et lauréat de la deuxième promotion de l’Esijy, en 1974, avec pour condisciple le ministre des Postes et télécommunications Jean-Pierre Biyiti Bi Essam.

Peter Mabu ne sait rien de ce qui se passe à la Sopécam sur le plan financier. En l’absence de la directeur générale il ne peut pas prendre certains actes, surtout financiers, parce qu’il n’en a pas reçu délégation ou mandat. C’est ainsi qu’on est obligé à la Sopécam d’attendre le retour de voyage de la directeur générale pour résoudre parfois des problèmes banals qu’un simple chef de service financier peut résoudre. Marie-Claire Nnana inspire la crainte et non le respect comme cela se devrait parmi ses collaborateurs. La timide jeune femme qui est arrivée à la Sopécam en 1987 est devenue autoritaire à tel point que quand on n’est pas d’accord avec elle, il vaut mieux partir de la maison. Certaines de ses décisions, mêmes mauvaises, ne se discutent pas. Ceux qui ne sont pas d’accord avec elle se voient relégués dans des postes dits de garage. Elle a bloqué certains avantages qui figurent bel et bien dans le statut du personnel.

II- Kleptomanie et mythomanie

Le vol est pour ainsi dire dans son sang. Elle a déjà tellement détourné qu’elle ne peut pas se rappeler ce qu’elle a déjà pris dans les caisses de cette société à capitaux publics. L’attribution des marchés de fourniture de matériels de toutes natures à la Sopécam. Quand la Sopécam commande trois camions ou trois tonnes de papier en rames, deux camions seulement ou deux tonnes vont franchir le seuil de la société, un camion va disparaître entre le fournisseur et la Sopécam pour dit-on alimenter un librairie-papeterie lui appartenant à Yaoundé. De même pour tout matériel commandé par la Sopécam, elle prélève un pourcentage que lui verse l’attributaire du marché et ceci en espèces sonnantes et trébuchantes. Elle est présente et très active auprès des sociétés d’assurances du fait que la Sopécam a un parc automobile intéressant et d’autres équipements à faire assurer. Elle détourne tout ce qui est à portée de sa main sans le moindre scrupule. Et ment dans ses rapports qu’elle a fait telle ou telle chose alors que c’est totalement faux. Ainsi sait-on à la présidence de la République que la Sopécam a payé les arriérés de salaire et autres droits à ceux qui sont partis de la maison depuis de nombreuses années alors que c’est faux. Elle détourne aussi de l’argent à travers les longues missions à l’étranger. Cette boulimie financière l’a amené à commettre des erreurs qui vont sûrement la perdre.

L’immobilier exerce un énorme attrait pour les nouveaux riches. Et Marie-Claire Nnana ne pouvait pas rester les bras croisés. Elle a donc entrepris la construction d’un immeuble imposant du côté du quartier appelé Golf dans la zone de la foire de Tsinga. En le faisant, elle a oublié que si on peut cacher de l’argent dans ses poches ou dans la terre, on ne peut pas occulter une maison si petite soit-elle à la vue des passants, des proches et de ses ennemis qui n’attendent que la moindre occasion pour en parler. Et c’est ce qui s’est passé. Aujourd’hui la maison n’est pas achevée pas pour manque de moyens financiers mais pour la raison que les photos se sont retrouvées sur la table de Paul Biya qui a demandé l’ouverture de l’enquête. Où a-t-elle pris de l’argent pour construire un bâtiment si imposant même si elle gagne un salaire d’environ quatre millions de francs Cfa par mois? C’est ce qu’elle devra dire aux fins limiers du Consupe. Une maison dans laquelle la buanderie ressemble à une salle de séjour avec des carreaux de luxe.


III- La nouvelle rotative Kba

L’Etat du Cameroun a mis beaucoup d’argent pour équiper la Sopécam, pour moderniser son outil de travail. C’est là l’un des plus grands postes nourriciers ou la mangeoire de Marie-Claire Nnana. Et l’un des fleurons de cet outil est la nouvelle rotative. C’est une rotative très performante dont peut-être aucun pays au Sud du Sahara n’est doté hormis des pays comme l’Afrique du Sud. L’Etat du Cameroun a donné tout ce que le Dg a demandé mais curieusement les travaux sont à l’arrêt. La structure métallique haute comme un bâtiment à trois ou quatre niveaux se dresse fièrement dans l’enceinte de la société depuis des mois attendant que la rotative soit installée, elle qui est encore dans les caisses à l’aéroport militaire de Yaoundé, pas très loin de la Sopécam. Les responsables de la base aérienne veulent se débarrasser au plus vite de ce colis encombrant qui subit des pertes par le vol de pièces importantes à tel point même transférée à la Sopécam dans les tout prochains jours, il faudra commander urgemment des pièces de rechange. Les travaux seraient aussi bloqués par Augustin Fogang, Rédacteur en chef technique, un fidèle allié du Directeur général qui aurait partie liée avec la société en charge de ces travaux de construction des ateliers.

Les élections législatives et municipales tout comme les sénatoriales approchent à grands pas et ce serait donc une très mauvaise chose pour Marie-Claire Nnana que la rotative ne soit pas encore mise en place avant ces échéances. Jérôme Mvondo et Koungou Edima ont perdu leur poste en 2002 à cause des bulletins de vote, cela pourrait-il arriver à la Dg? C’est un avertissement clair que Joseph Le, directeur adjoint du Cabinet civil de la présidence de la République a été on ne peut plus clair en déclarant à l’issue des travaux de la 48e session du conseil d’administration tenu le 28 décembre 2012 et dont il est le président: « Je souhaite d’ores et déjà, en rapport avec cette question, que le Conseil d’administration puisse doter la direction générale des pouvoirs et moyens nécessaires pour poursuivre et surtout achever les travaux – dans les meilleurs délais. Plus exactement, avant la fin du premier trimestre de cette année. Il ne s’agit pas à cette date de finir la construction des ateliers, mais il faudrait qu’à cette date, la rotative soit déjà installée…»


IV- Les recrutements fantaisistes de Marie-Claire Nnana

Dès qu’elle s’installe à la tête de la Sopécam, Marie-Claire Nnana procède à des recrutements massifs: amis personnels, personnes recommandées, villageois de la Mefou et Afamba et d’ailleurs prennent possession de la célèbre maison qu’est la Sopécam. Ils en font ce qu’ils veulent grâce à leur proximité de sang ou autres avec la patronne. Isabelle Fouda est la fille d’une des grandes sœurs de Marie-Claire Nnana. Chef du service des affaires générales (un fourre-tout qui a des ramifications tentaculaires dont les marchés…) serait titulaire d’une licence en histoire. Elle baigne dans l’opulence. Elle est propriétaire d’une Rav 4, d’une maison (du moins ce qui est connu des non initiés). Patronne des bons de carburant, elle partageait chaque semaine au moins un million de francs à certaines collaborateurs proches du Dg sur on ne sait quelle base. D’où venait cet argent?

Aujourd’hui, Marie-Claire et sa sœur aînée sont à couteaux tirés. Pourquoi ? Dès que la sœur aînée a appris que sa fille Isabelle Fouda ira en prison si on prend sa sœur cadette Marie-Claire Nnana, elle lui a parlé en des termes très durs du genre: « Je ne t’ai pas demandé d’apprendre à voler à ma fille, j’ai appris qu’elle va aller en prison comme toi quand l’enquête qui est en cours va prendre fin… ». Ce que la sœur aînée de Marie-Claire Nnana lui reproche c’est qu’elle a initié sa fille au détournement des deniers publics. C’est aujourd’hui qu’elle voit le danger, pourquoi n’avait-elle pas fait le reproche à sa sœur cadette quand sa fille lui donnait l’argent détourné à la Sopécam. Nadia Bekono est l’autre nièce de la Dg. Elle est chef du bureau vente. Elle est aussi fortement impliquée dans le réseau juteux des bons de carburant. S’agissant des autres personnes recrutées sous Marie-Claire Nnana, l’équipe du Consupe les convoque et les interroge sur un ensemble de choses: date de recrutement, profil scolaire, poste occupé, etc.


Un directeur administratif et financier aux ordres

Kamudem Kuoh travaille à la Sopécam depuis une trentaine d’années, il y a gravi tous les échelons pour devenir directeur administratif et financier. Originaire de la région de l’Ouest, ce cadre donne l’impression d’un homme incapable de tuer une mouche. Il parle peu, se confie difficilement aux gens. Le parfait camouflage. Et oui! Il a fallu que le contrôle supérieur de l’Etat passe par là pour qu’on sache qui il est véritablement. Sa véritable personnalité a été mise à nu. En effet qui pouvait savoir que Kamudem Kuoh aurait selon certaines insdrétions: - distrait des caisses de la Sopécam la somme de 300 millions de francs (un chiffre sous réserve du rapport final); - construit une villa à son deuxième bureau (maîtresse ou seconde épouse?); - acheté une Rav 4 à la même femme; - un appartement à Paris. Pour tout cela, il est en train de répondre de sa gestion devant la mission du Consupe. Voilà le peu que nous savons de la Sopécam et c’est bien peu par rapport à certaines allusions dont nous avons connaissance.

Rédaction de Cameroon-Info.Net
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