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KUMBA: Guerre ouverte entre le délégué du gouvernement et les mairies
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DOUALA, 04 Janvier 2013
© Pierre – Alexis Kaptchouang à Kumba | La Nouvelle Expression
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Convoquée pour l’adoption du budget 2013, la session budgétaire de la commune urbaine de Kumba a accouché d’une souris, les grands conseillers ayant refusé de procéder à l’adoption pour dénoncer les manœuvres du délégué du gouvernement.
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La tension était assez vive jeudi dernier dans la salle des délibérations de la communauté urbaine de Kumba, qui abritait pour la circonstance la session du conseil municipal consacrée à l’adoption du budget de cette super mairie pour l’exercice 2013 annoncé pour un montant d’environ 1.68 milliards Fcfa, contre 1.77 milliards pour l’exercice précédent, soit une baisse estimée à 5%. Un budget qui ne sera pas finalement adopté par les grands conseillers représentant les trois communes d’arrondissement qui constituent cette cité, malgré les longues heures de discussions et de débats.

Une situation qui a été perçue à l’entame de ce rendez – vous; prévue pour commencer à 10 heures, c’est finalement à 14 heures que la séance sera ouverte, les conseillers ayant refusé de rejoindre la salle de travaux sans que les frais de session ne leur soient payés. Même l’arrivée du préfet de la Mémé David Koulbout Aman sur les lieux à midi et demi n’y changera rien; courroucé par cette longue attente de plus d’une heure et trente minute, le chef de terre menacera de boycotter la session si des explications fiables et convaincantes ne lui étaient pas données par les conseillers sur les raisons de leurs entêtement.


Le ton de guerre

Par la suite, le délégué du gouvernement Victor Ngoh Nkelle lancera le ton de guerre dans son discours, s’attaquant directement aux maires des communes d’arrondissement de Kumba 1er, 2e, et 3e respectivement, les accusant dans son discours d’être à l’origine du manque de collaboration entre ces différentes entités, illustrant que «la non – collaboration des maires est aussi visible dans la collecte des taxes sur l’OTVP dans la ville de Kumba, ainsi que les gares routières. J’oserai dire que même les panneaux installés par la Communauté urbaine le long des axes pour réglementer le stationnement des véhicules et éviter pour ce faire des embouteillages sont dégagés par les maires qui se donnent aussi la liberté de défier même les décisions du conseil municipal sur l’organisation d’une foire internationale quand bien même ils ont participé à la session durant laquelle cette décision a été prise», déclaration qui n’a pas du tout été du goût des maires. D’autres sujets de conflits émergeront par la suite, notamment la question sur les revenus des permis de bâtir, le délégué accusant les maires de les collecter dans leurs localités respectives, avec pour incidence la chute des revenus de son institution; accusation rejetée en blocs par les magistrats municipaux qui martèleront vivement que tout paiement pour les permis de bâtir se fait directement dans les caisses de la communauté urbaine.

Viendra alors le moment crucial de l’adoption du budget. C’est alors que le maire de Kumba 1er Prince Ekalle Mukete prendra la parole pour indiquer qu’un mémo a été soumis à l’attention du délégué du gouvernement au sujet du non – paiement des dotations générales de fonctionnement et autres arriérés aux communes d’arrondissement sans suite favorable, précisant que celui – ci a plutôt opté de les mépriser, malgré les efforts du préfet qui a intervenu plusieurs fois pour instruire paiement de ces dus. Il sera soutenu dans sa déposition par le maire Asapngu Ferdinand de Kumba 2e qui expliquera fermement que leurs mairies sont asphyxiées par cette «mauvaise foi du délégué du gouvernement».

une situation qui est à l’origine de la non – tenue de la session budgétaire de certaine commune d’arrondissement dont les maires diront ne pas disposer de l’argent pour le faire. Sur l’état des dettes réclamées par ces trois municipalités à la communauté urbaine, il en ressortira qu’elles réclament un montant total de 577.500.000 Fcfa soit plus de 192 millions pour chaque commune représentant les arriérés de dotations générales de fonctionnement dus depuis 2008, les subventions de fonctionnement à leur création en 2007 et autres. Une situation qui remonte donc à 2007. Les grands conseillers prendront ainsi la parole les uns après les autres pour soutenir que les communes d’arrondissement n’ont pas été à mesure de réaliser leurs projets de développement, et n’auront rien à présenter comme bilan à leur électorat si cet argent ne leur est pas payé, soutenant que la communauté dispose des moyens et plusieurs autres approches pour régler ces dettes.


La mauvaise foi du délégué du gouvernement

Sur ce, les grands conseillers martèlerons qu’ils n’adopteront pas ce budget tant que le délégué du gouvernement n’aura pas payé ces dettes, et surtout les dotations générales de fonctionnement qui, soutiendront – ils, «sont des dépenses obligatoires selon les textes de 2004 sur la décentralisation». Dans leurs différentes interventions, les différents maires feront valoir que «c’est à cause de la mauvaise foi du délégué du gouvernement, et non le manque de moyen, que cet argent n’est jusqu’ici pas payé», indiquant qu’il n’a jamais montré la volonté de s’acquitter de ce devoir vis-à-vis des mairies, même malgré les injonctions du préfet à cet effet. Pour sa part, le délégué du gouvernement Victor Ngoh Nkelle accusera une fois de plus les maires d’être à l’origine de leur situation en collectant les taxes dans les marchés, ce qui serait selon lui à l’origine de l’assèchement de sa trésorerie. Et comme conséquence, il n’a pas d’argent à leur verser. Par ailleurs, il fera savoir qu’il ne peut leur payer ce qui va à l’encontre des textes, avant de justifier le non paiement par l’appauvrissement de sa trésorerie.

Allant à sa rescousse, le secrétaire général de la Communauté urbaine soutiendra que le montant voté comme subvention dans les années antérieures à hauteur de 50 millions par commune allait à l’encontre des textes ministériels fixant la dotation pour cette communauté à 20 millions pour chaque commune. Un argument battu en brèche par les maires qui exigeront que ces textes ministériels soient relus, précisant qu’il s’agit d’un minimum de 20 millions selon les capacités financières de la communauté, et que le montant convenu et adopté par le budget devient obligatoire pour la communauté qui n’au plus d’autre choix que de le reverser à qui de droit. Pour trancher ce point, le préfet sollicitera des explications des chefs services régionaux du FEICOM et des collectivités décentralisés qui conforteront plutôt la version des maires. Sur ce, face au blocage des grands conseillers déterminés à ne adopter le budget tant que leurs exigences ne sont pas réglées, le préfet les fera passer au vote pour ou contre l’adoption. La majorité acquise contre l’adoption l’emportera.

Cependant, le préfet Koulbout Aman les édifiera sur les conséquences qui suivront la non adoption, précisant que la communauté fonctionnera avec les 1/12 du budget de l’exercice précédent avec tout ce que cela aura comme incidence. Après d’âpres discussions, le préfet mettra à contribution le chef de service régional du Feicom qui promettra 10 millions pour chaque commune, et réussira à arracher du délégué du gouvernement la promesse de verser 20 millions à chacune. Une solution qui ne parviendra pas cependant à débloquer la situation. Revenus le lendemain pour s’accorder sur cette question, les conseillers maintiendront le cap, donnant au délégué du gouvernement jusqu’au mercredi 02 janvier 2013 pour trouver de l’argent même dans une banque. En attendant donc, c’est toujours le statut quo, tous les regards étant à présent tournés vers les jours avenir pour une session extraordinaire au cas où le délégué parvenait finalement à répondre aux exigences de ses grands conseillers.

Rédaction de Cameroon-Info.Net
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