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Voila bientôt cinq années que Pierre Mila Assouté a volontairement quitté le Cameroun pour un exil en France. Cinq années marquées par des retours plusieurs fois annoncés, mais qui ne se sont jamais concrétisés. Cinq années marquées également par la publication d’un ouvrage du candidat manqué à la présidentielle de 2004, adressé sous forme de «Lettre ouverte au peuple camerounais…» L’année dernière. Un ouvrage sous la forme de projet de société que l’auteur propose comme alternance au système actuel.
L’auteur y rêve d’Etat fort et républicain, d’une économie florissante, dans une posture d’ouverture, de dialogue et de solidarité responsable.
Cet homme qui fut à un moment très proche des milieux du pouvoir à Yaoundé, on lui prête un rôle trouble dans «la mise à mort» de Titus Edzoa, se fit également remarquer par l’introduction en 1997 auprès des autorités camerounaises une délégation «d’hommes d’affaires américains», pour soutenir les investissements en provenance du pays de l’Oncle Sam. Véritable arnaque, car ceux-ci se révéleront plus tard n’être que des spécialistes de l’arnaque. On put mesurer l’ampleur de ses commanditaires dans une opération qui visait à donner un peu de crédit à un scrutin présidentiel qui avait connu quelques problèmes.
Pierre Mila Assouté, dont le nom apparaît encore sur les tablettes du comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) comme membre titulaire désigné par le président national de cette formation politique aux termes du congrès ordinaire de décembre 1996, s’était révélé aux Camerounais comme chef de file du courant des modernistes qui voulait opérer une Opa à l’intérieur même de la formation de Paul Biya. Si pour des raisons évidentes, ses compagnons s’étaient rangés à la politique du parti, Pierre Mila Assouté avait préféré continuer «le combat» en solo, s’attirant de ce fait la sympathie de nombreux Camerounais d’ici et d’ailleurs, et même d’une bonne frange des pays «amis» du Cameroun à l’instar de la France dont il est devenu un interlocuteur.
Une sympathie qui avait d’ailleurs conduit ses nouveaux compagnons politiques à lui confier la direction de leur mouvement, en dépit de son absence physique du territoire national. Le rejet de sa candidature à la présidentielle de 2004, pour «appartenance à deux partis politiques antagonistes» a laissé comme un goût amer aux militants de son nouveau mouvement, mais n’a pas entamé le capital sympathie qu’ils avaient pour lui. S’est-il donc cru si indispensable aux siens que Mila Assouté a pensé qu’il pouvait continuer, depuis son exil «parisien» piloter le Rassemblement démocratique pour la modernité du Cameroun ou Rassemblement démocratique des modernistes du Cameroun (Rdmc). La nature ayant horreur du vide, l’on a tôt fait de lui trouver un remplaçant le 29 septembre dernier à Yaoundé au cours de ce qui a été qualifié d’«Assemblée générale élective».
Pierre Mila Assouté, dont des proches s’étaient abondamment manifestés dans les médias au début de cette année pour annoncer son retour à l’occasion d’un congrès de son parti prévu en avril dernier, a une fois de plus fait faux bond à ceux-ci. Il n’a pas non plus répondu présent à l’appel du préfet du département du Moungo en tournée il y a quelques mois dans le village de Santchou où il fait office de chef supérieur.
On peut donc comprendre que las d’attendre un retour au Cameroun maintes fois annoncé mais toujours reporté, les compagnons de route de Mila Assouté ont décidé de poursuivre leur combat sans lui, alors qu’à priori, rien ne s’oppose à son retour au pays, même s’il évoque de son côté des raisons de sécurité. Dans la commune de Santchou, sa localité d’origine, où ses «lieutenants» ont dû faire campagne lors du double scrutin législatif et municipal de juillet 2007 sans lui, le Rdmc s’en est tiré avec un seul conseiller municipal. Suffisant pour la bande à Jean Raoul Makondo d’envisager la suite sans Pierre Mila Assouté.
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