
J. Fame Ndongo
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«La polémique sur les vacances du chef de l’Etat correspond à un débat moyenâgeux sur le sexe des anges. Elle est à la fois oiseuse, spécieuse et incongrue. Peut-on imaginer un président de la République qui n’ait guère droit au repos, au regard de la complexité et de l’ampleur multidimensionnelle des tâches qui sont, quotidiennement, les siennes ? Serait-il un monstre en acier ? Qui pis est, va-t-on désormais lui imposer la date et le lieu de ce recueillement qui est propice à un travail consciencieux et efficient ? Mieux, qui choisira à sa place les membres de sa délégation, leur qualité, leur nombre ? Qui sera si hardi pour indiquer, en dehors des hauts commis de l’Etat affectés à cette fonction, ce qu’il doit consommer et où il est appelé à dormir (qualité et dimensions du lit….) ? Le coût de ces commodités (si tant est que les chiffres avancés soient fondés) relève de « l’intendance » (comme dirait Charles De Gaulle). Au demeurant, le doute méthodique que nous enseigne René Descartes nous astreint à un devoir de vérification et d’inventaire, avant toute jubilation inquisitoire voire sado-masochiste, face à des chiffres que l’on brandit à la conscience collective comme un trésor de guerre ou un « butin » (diraient les Romains) alors qu’on ne revient d’aucun champ de bataille (à moins qu’il ne s’agisse de la bataille de la délation et de la fantasmagorie). César revenant de La Gaule pouvait prononcer sa phrase historique, « alea jacta est » (les dés sont jetés) avant de franchir le Rubicon. Mais ceux qui veulent, aujourd’hui franchir le Rubicon (en couvrant d’opprobre l’apôtre de la démocratie apaisée et le fin stratège de Bakassi) sont-ils sortis victorieux, un seul jour, d’une bataille ? Si oui, laquelle ? « Conte-moi tes hauts faits », dirait Auguste à Cinna le félon (Corneille). Mais, sur cela, nul ne glose. On préfère tout régenter et l’on rêve de caporaliser un chef d’Etat.
Est-ce donc un retour à la pensée unique que chacun de nous croyait, à jamais, rejetée aux calendes grecques ? Bien que cela ressemble à une vérité de La Palice, il importe de rappeler qu’un chef de l’Etat est une institution. Il est souverain et maître de son temps, de ses actes, de ses faits et gestes, pour autant que ses missions régaliennes ne soient en rien hypothéquées (défense de l’intégrité territoriale, de la paix, de l’unité, de la sécurité des biens et des personnes, promotion du progrès de ses concitoyens, consolidation des relations d’amitié et de coopération avec toutes les nations de bonne volonté.)
Or, toutes ces obligations constitutionnelles, le président Paul Biya les assume de fort belle manière. Je défie qui que ce soit d’administrer la preuve d’une défaillance du président Paul Biya sur l’un de ces points fondamentaux. « Je ne faillirai point », avait-il martelé devant les députés, le 6 novembre 1982. Depuis lors, il ne s’est point écarté d’un iota de ce serment républicain.
De Bakassi (où son initiative originale fait école dans toutes les académies du monde) à sa dernière visite officielle en France qui fut, de l’avis de tous (opposants ou non) un succès retentissant, en passant par l’augmentation des salaires et la baisse des prix des produits de première nécessité en 2008, la généralisation des scanners dans les hôpitaux régionaux, la densification de la carte administrative, politique 229 partis politiques légalisés), scolaire, universitaire, télécommunicationnelle, médiatique, hydraulique, électrique, routière, portuaire, aéroportuaire, etc., le président Paul Biya donne, quotidiennement, où qu’il se trouve, des directives idoines, pertinentes et méthodiques en vue de la bonne marche de la République. Et il a un feed-back exhaustif et permanent concernant les dossiers épineux et névralgiques de l’Etat.
Fût-il en vacances, il travaille pour le Cameroun. Il reçoit des décideurs politiques, administratifs, économiques et des leaders sociaux du monde entier. Il soigne ainsi, partout et toujours, l’image du Cameroun et veille sur l’avenir de notre cher et beau pays. Par la communication descendante, ascendante et transversale, il anime la vie de la nation et tient fermement la barre.
Je peux me porter garant de ce que j’affirme, ayant eu l’insigne honneur de l’inénarrable privilège d’être de la suite du président Paul Biya, pendant près de 20 ans, au cours de tous ses voyages officiels et privés. Je sais comment il travaille, y compris très tard dans la nuit, quel que soit le pays où il se « repose ». Il donne des consignes précises aux différents collaborateurs de son cabinet et aux autres hauts responsables de la République. Il est d’une rare méticulosité et d’une vigilance méthodologique légendaire. Certes, peu de personnes sont au courant de cette rigueur professionnelle, car il préfère (par hygiène de vie) se situer aux antipodes de l’ostentation et de la gesticulation. Même en vacances, il ne se livre à aucune extravagance comportementale ou pécuniaire. Son séjour français actuel ne donne donc lieu à aucun tonneau des Danaïdes financier. Et le contribuable camerounais ne pâtit guère des dépenses liées à ces vacances car, pour ceux qui ne le savent pas, un chef de l’Etat bénéficie (de par la loi des finances) d’une liste civile qui est tout à fait réglementaire et légale. Il n’y a donc ni dol, ni escroquerie, ni prévarication, ni grivoiserie pantagruélique, ni atavisme dantesque digne d’une République bananière.
Légaliste jusqu’à la moelle, le président Paul Biya ne saurait déroger à son éthique habituelle. Sobre, réservé et efficace dans l’ascèse, il est demeuré fidèle à la rigueur et à la moralisation, binôme fondateur de son projet de société Alors, chers censeurs et auditeurs de mauvais aloi, circulez. Il n’y a rien à voir « du côté de chez Swan » (Marcel Proust) ; j’allais dire, du côté de chez Paul Biya. Car vous ne verrez qu’un président modeste, discret, intègre, travailleur, humaniste et patriote.
(é)
Jacques FAME NDONGO
Secrétaire à la communication et membre du Comité central du RDPC