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«Exclus à vie de toutes les universités camerounaises pour « appartenance au parlement estudiantin et activités susceptibles de compromettre le bon fonctionnement universitaire » par le ministre de l’Enseignement supérieur d’alors,
Titus Edzoa, et pourchassés par la police politique de Fochivé, une cinquantaine d’étudiants de l’université de Yaoundé (aujourd’hui université de Yaoundé I), prennent le chemin de l’exil pour l’Afrique de l’Ouest.
Ces leaders estudiantins ont pour noms: Senfo Tonkam, Guillaume Tene Sop, Nené Fadimatou, Paul Ngomo Aarons, Jean Claude Um Mahob, Talla Corentin, Robert Waffo Wanto, Jean Bosco Tagne, Maxime Djeudjeu, Ange Guiadem, Chebe Edwin, Elsie Chebè, Mukoi Elkanah, Hugo Moudiki etc…Le Parlement est alors véritablement décapité, avec cet exil imposé à son leadership entre juin-juillet 1993 et le début de 1994.
Senfo Tonkam est le premier à s’exfiltrer du Cameroun en Juin 1993 pour le Nigeria. Senfo Tonkam est alors bénéficiaire d’une bourse de la Fondation de Hambourg pour les persécutés politiques. C’est à l’ambassade d’Allemagne à Lagos que Senfo retire son visa et s’envole pour Hambourg. Le plus gros du contingent, conduit par Guillaume Tene Sop et Nene Fadimatou se retrouve au Burkina Faso où sont déjà exilés les Camerounais Djeukam Tchameni et l’ex-capitaine de l’armée Guérandi Mbara. D’autres encore comme Corentin Talla, Waffo Wanto et Ange Guiadem se retrouvent au Nigéria. Le Bénin et la Côte d’ivoire accueillent respectivement Mbongue Bienvenu et Hugo Moudiki. Tous font face aux conditions sociales très âpres et n’ont la survie sauve que grâce aux colis alimentaires et aux programmes d’assistance d’Ong comme la Caritas, la croix Rouge internationale et Oxfam.
Presque tous dans leurs pays d’accueil, obtiennent le statut de réfugié du Haut commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (Hcr), et continuent leurs études.
Aujourd’hui, la plupart de ces anciens leaders étudiants, après plusieurs années d’exil en Afrique de l’Ouest, se sont retrouvés en occident par divers canaux, bénéficiant soit d’inscription dans des universités occidentales, soit de programmes de réinstallations pour des réfugiés offerts par les Nations Unies vers des pays de l’Amérique du Nord et de l’Europe.
Activités politiques
Même en exil, ces anciens parlementaires continuent leur activisme politique, ambitionnant de chasser rapidement Paul Biya du pouvoir. Leur souci étant de revenir rapidement au Cameroun, leur mère patrie. Seulement, leur activisme ne connaît toujours pas l’assentiment des pays d’accueil en Afrique de l’Ouest. Raison pour laquelle, une quinzaine d’entre eux est expulsée du Burkina Faso en Octobre 1995, pour : « trouble à l’ordre public et atteinte à la sûreté de l’Etat ». Mais, ces expulsés seront redéployés dans d’autres pays de l’Afrique de l’ouest par le Hcr. A la faveur de l’élection présidentielle de 1997 au Cameroun, certains de ces parlementaires, notamment : Paul Ngomo Aarons, Nené Fadimatou, Guillaume Tene Sop, Franklin Nyamsi, Hugo Moudiki, mettent sur pied à Abidjan, un groupe de pression dénommé Initiative pour la défense de la démocratie au Cameroun (Iddc). Ses objectifs sont entre autres la dénonciation des violations des droits de l’homme, la revendication du droit de vote des Camerounais de l’étranger et l’organisation des Elections transparentes au Cameroun.
Plusieurs manifestations sont organisées entre 1997 et 1999 par ce groupe à l’ambassade du Cameroun à Abidjan. En quête d’un espace propice pour mieux se faire entendre, ces ex-parlementaires vont s’installer en Europe et aux USA à la fin des années 90 et début des années 2000. Bénéficiant de conditions de vie plus clémentes que dans leur difficile exil qu’ils qualifient de « besogneux » en Afrique de l’Ouest, ils prennent diverses initiatives politiques contre le régime en place au Cameroun. Comme la création d’un Conseil national pour la résistance (Cnr). C’est ainsi q’une dizaine d’entre eux, sous la houlette de Hugo Moudiki et de Guillaume Tene Sop, se retrouvent à Hambourg en Allemagne, du 15 au 17 août, et décident de « sortir la diaspora camerounais de son apathie et de sa démission ».
Le Cnr se donne alors pour mission de « renverser le régime dictatorial de Paul Biya ». Afin de ratisser large, les fondateurs du Cnr, lancent la campagne internationale pour la démocratie au Cameroun, et décident de créer une autre structure qui coaliserait l’ensemble des organisations de démocrates et progressistes camerounais de l’étranger. Tene Sop et Hugo Moudiki, prennent langue avec d’autres étudiants persécutés de la cuvée 2000 à l’université de Douala et convoquent le 10 décembre 2003 à Bruxelles, une manifestation contre M. Biya devant l’Union européenne. Manifestation qui débouchera sur la création du Code (Collectif des organisations démocratiques et patriotiques de la diaspora Camerounaise).Et depuis 2003, le Code mène un activisme tous azimuts contre «le régime néocolonial dictatorial de Yaoundé avec pour ambition de le renverser».
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