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Appel de Yaoundé: les élites du Centre justifient leur soutien à Paul Biya
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YAOUNDE - 09 JUIL. 2009
© Eric ELOUGA | Cameroon Tribune
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"... Les élites du Centre ont lancé ce qu’il sera désormais consacré de désigner comme « l’Appel de Yaoundé », en demandant au chef de l’Etat de se porter candidat à la prochaine élection présidentielle. Au lendemain de ce moment politique fort, CT a choisi d’approcher certains notables et élites du Centre, afin de saisir les motivations de cet appel à la candidature..."
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Lors d’un important rassemblement mardi dernier à l’hôtel Mont Febe, les élites de la région du Centre ont choisi d’unir leurs voix pour dénoncer la circulation d’un mémorandum non signé et prétendument rédigé par eux, mais aussi réaffirmer leur soutien au chef de l’Etat, à un moment où une campagne lancée par le Comité catholique contre la faim et le développement a choisi de s’attaquer à sa personne. Deux faits apparemment sans rapport l’un avec l’autre, mais qui, pour les élites, participent d’une démarche visant à ternir l’image du pays et à déstabiliser les institutions incarnées par le président Paul Biya. Du coup, cette réunion sanctionnée d’une déclaration forte, ne s’est pas arrêtée à un simple soutien de forme. Les élites du Centre ont lancé ce qu’il sera désormais consacré de désigner comme « l’Appel de Yaoundé », en demandant au chef de l’Etat de se porter candidat à la prochaine élection présidentielle. Au lendemain de ce moment politique fort, CT a choisi d’approcher certains notables et élites du Centre, afin de saisir les motivations de cet appel à la candidature.


Luc Luc René Bell:
«Que Paul Biya puisse poursuivre ses réalisations»


Luc René Bell, ancien délégué à la Sûreté nationale.

« Les élites du Centre se sont concertées et ont fait le tour d’horizon de la situation socio-politique qui règne actuellement au Cameroun. Il a été constaté qu’il n’y a pas le feu à la maison, mais qu’une étincelle peut se transformer en grand incendie. Et nous avons donc voulu au niveau de la région du Centre, circonscrire très rapidement tous ces malentendus, ces rumeurs, ces manœuvres qui peuvent arriver à déstabiliser la région du Centre. Et toutes les élites et composantes socio-professionnelles de la région du Centre étaient représentées, ainsi que les dix départements de la région. Et à l’issue de ces échanges, nous avons estimé que 2011 c’est dans bientôt, et qui veut voyager loin ménage sa monture. Etant donné les réalisations bien connues du chef de l’Etat, en dépit de la crise économique mondiale qui nous frappe depuis les années 80, les résultats sont-là, et la volonté de poursuivre ces réalisations est-là. Il était donc nécessaire que le verrou de la limitation des mandats ayant sauté, le chef de l’Etat puisse poursuivre l’action qu’il a engagée, avec l’esprit dans lequel il a entamé son œuvre. Bien évidemment, c’est une décision politique qui amènera le chef de l’Etat à se décider. Ce que les ressortissants du Centre ont fait ce n’est qu’un appel à bien vouloir se porter candidat. Mais il appartiendra au chef de l’Etat lui-même d’apprécier, de juger et de prendre tout son temps pour décider. En politique, on est en campagne permanente. Quand on attend seulement les 15 derniers jours ou la période bloquée pour se préparer, ça ne marche pas. La campagne électorale est permanente.»


Gilbert Tsimi Evouna: «La machine est lancée»


Gilbert Tsimi Evouna, délégué du gouvernement auprès de la Cuy, élite du Mfoundi.

«Je ne suis pas seulement élite du Centre, mais aussi trésorier du Rassemblement démocratique du Peuple camerounais (Rdpc) qui est le parti du président. Et on imagine mal que celui qui tient les cordons de la bourse rame à contre-courant. Nous ne sommes pas arrivés à ces prises de position par hasard. On a quand même constaté certains faits qui prêtaient à confusion, voire paraissaient suspects. Il y a ce soi-disant mémorandum du Centre, et quelque temps après, cet article de cette Ong catholique. On en est arrivé à se demander s’il ne s’agit pas d’une campagne d’intoxication et de discrédit ourdie contre le chef de l’Etat. Et pourquoi maintenant ? Ce n’est pas cette année que commence le mandat actuel alors pourquoi seulement maintenant cette levée de boucliers. On a compris que c’était des gens qui avaient un plan bien précis, et nous avons voulu montrer que nous avons le nôtre. On a tenu à parler franc, et direct. Ils opèrent en sous-marin, nous avons voulu opérer à visages découverts et dire ce que nous pensons. Qu’ils sachent que dès maintenant, nous nous préparons aux élections de 2011. Et je crois que notre président va nous comprendre et répondre positivement à notre demande. Ce n’est pas le jour du marché que nous allons nourrir la poule. Ils ont d’abord voulu empêcher la modification de la constitution, ils ont échoué. Maintenant ils essaient de souiller l’honneur du président. En tout cas, la machine est lancée, et nous sommes en pré-campagne.»


Jean Bernard Ndongo Essomba:
«Paul Biya, est le garant de la paix»


Jean Bernard Ndongo Essomba, président du groupe parlementaire RDPC à l’Assemblée nationale.

«Notre rencontre était motivée par ce soi-disant mémorandum dont les journaux avaient fait écho. Certains camarades l’ont appelé « mémorandum fantôme ». Nous ne savons pas qui est à l’origine de ce tract. Est-ce que ce sont les ressortissants du Centre ? J’en doute fort bien. Est-ce que ce sont les provocateurs venus d’ailleurs ? Je n’en sais rien. Nous disons que ce n’est pas un mémorandum mais un tract. Si nous avons tenu à nous réunir pour en parler, c’était tout simplement pour ne pas faire croire aux malintentionnés qu’il y avait quelque chose de ce genre venant de la part des populations pour lesquelles ce mémorandum est un non-évènement. S’agissant du fameux rapport du Comité catholique contre la faim et pour le développement, là aussi, nous nous demandons ce que cache la publication de ce document en ce moment. L’une des lectures que j’en fais est que les auteurs ou les commanditaires l’ont produit juste pour nuire à la personne du chef de l’Etat que nous savons tous intègre. J’ai beaucoup ri quand j’ai vu tout ça quand on sait que le chef de l’Etat a occupé de très hautes fonctions pratiquement depuis quatre décennies.

J’estime que parler d’une maison par ci, d’une villa par là, c’est vouloir tout simplement chercher à nuire à sa politique. Tout cela est injuste. Bref, ça cherche autre chose. C’est ce qui m’emmène au thème de la candidature. S’agissant de cette candidature, je sais de quoi je parle en tant que député et surtout président du groupe parlementaire RDPC à l’Assemblée nationale. Ceci remonte à l’année dernière lorsqu’il a été question de réviser la Constitution, notamment l’article qui abolissait la limitation des mandats. Les citoyens camerounais ont estimé que le pouvoir de maintenir un chef d’Etat ou de ne plus l’accepter leur revenait. La limitation des mandats leur enlevait ce pouvoir là. Deuxième raison, les populations du Centre pensent que le chef de l’Etat est celui qui devrait continuer à diriger ce pays pour beaucoup de raisons. La première étant la paix qui règne dans ce pays. Le développement va de pair avec la paix ainsi que l’unité nationale. Les populations du Centre étant des hommes de parole, nous n’attendons que l’échéance de 2011 pour plébisciter le président Paul Biya.»


Me Béatrice Assena-Okouda: «Il était important de réagir»

Me Béatrice Assena-Okouda, présidente de la Chambre interrégionale Centre, Sud, Est des notaires.

«Il me semble que cette rencontre était importante. Elle répondait à un besoin compte tenu des incertitudes et de la confusion qu’a pu créer la circulation de ce tract appelé mémorandum des populations de la région du Centre. Quasiment à la même période, le Comité catholique contre la faim et pour le développement a également publié ce controversé document sur la supposée fortune du chef de l’Etat et de sa famille. Face à ces deux situations, il était important que les ressortissants du Centre se concertent et prennent une position commune. Le secrétaire général du RDPC, M. René Sadi, a invité les personnes susceptibles de relayer le message dans leurs différents groupes socio-professionnels. Les populations du Centre ont renouvelé leur soutien au chef de l’Etat. Un soutien logique.»


Dieudonné Ambassa Zang:
«Le Centre lié au chef de l’Etat par le cœur et la raison»


Dieudonné Ambassa Zang, député RDPC à l’Assemblée nationale.

« Je voudrais dire que cette démarche s’inscrit d’abord dans un contexte. Je souligne que l’actualité a appelé ces derniers jours deux problèmes. Le premier est lié à ce fameux mémorandum ou tract qu’on voudrait faire endosser à la population Beti d’une manière générale. Il s’agissait ni plus ni moins que d’une espèce de chantage fait à la plus haute autorité de ce pays. Nous avons également de l’autre côté ce rapport du Comité catholique contre la faim et pour le développement dont les médias se sont fait largement l’écho, rapport qui a laissé transparaître que le président de la République était quelqu’un de très bien nanti, avec un patrimoine important. Dès lors, il a été question pour l’élite du Centre, de condamner avec la plus forte énergie à la fois ce mémorandum à travers lequel les populations du Centre ne se reconnaissent pas et ce fameux rapport du Comité catholique contre la faim et pour le développement.

Il s’est agi également de dénoncer ce qui apparaît comme une tentative de déstabilisation de notre pays. Le peuple Béti épris de paix et lié au chef d’Etat par des sentiments de fraternité, d’amitié, de loyauté, de sincérité a voulu appeler l’attention des autres compatriotes des autres régions à suivre son exemple, c’est-à-dire à ne pas se laisser mener par le bout du nez par ce genre d’allégations. Lorsque nous avons échangé, il est apparu en filigrane que toutes ces manœuvres auraient pour point de mire la prochaine élection présidentielle de 2011. Les populations du Centre voudraient qu’il n’y ait pas d’équivoque. Nous sommes liés au chef de l’Etat par le cœur et la raison.»

Brice MBEZE

Rédaction de Cameroon-Info.Net
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