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De nos jours, les gouvernants sont accusés de vendre du vent à leurs populations au lieu de trouver des solutions à leurs problèmes quotidiens ; accusés aussi de mal gérer les ressources publiques. Dans ce contexte, les organisations non gouvernementales (ONG) se sont taillé une solide et bonne réputation.
Une ONG, en général, c’est une association qui œuvre pour le bien-être des hommes et des femmes dans un domaine où l’Etat semble dépassé (santé, éducation, promotion du développement, etc.). Elle fait dans le concret, elle est active et sérieuse sur le terrain. Elle travaille avec désintéressement. Elle gère bien les ressources qui sont mises à sa disposition par de généreux donateurs qui lui font totalement confiance.
Le Comité catholique de lutte contre la faim et pour le développement (CCFD) est une ONG. Sérieuse, évidemment. Désintéressée, forcément. De plus, il exerce ses activités au pays des Blancs. Donc il est très sérieux et même crédible. Et comme ses membres sont sûrement imprégnés des valeurs religieuses, les rapports de cette ONG ne sont pas loin d’être … paroles d’évangile.
Hélas ! Trois fois hélas ! Ce rapport publié sur les biens mal acquis du président Paul Biya montre l’action des ONG sous leur plus mauvais jour. Cette façon de vouloir rattraper absolument Paul Biya, absent des listes les plus récentes qui ont défrayé la chronique médiatique et judicaire, a quelque chose de bien léger. Il est en effet difficile d’expliquer à des gens sains d’esprit pourquoi et comment les nombreux rapports publiés ces dernières années ont « oublié » en route le président Biya. Encore plus difficile d’expliquer comment des faits dont l’évocation de certains date de … 1983 remontent tout d’un coup à la surface en juin 2009.
Ce rapport se présente ainsi comme une torpille envoyée dans le camp des ONG par une ONG. Désormais, même celles de ces associations qui travaillent avec sérieux et efficacité risquent d’être regardées avec suspicion. Quant à leurs écrits, ils seront désormais reçus avec un doute légitime.
Et que dire alors de la crédibilité des faits relayés par ce rapport ? Depuis le temps que certains sont sur la place publique, le CCFD aurait dû avoir trouvé le temps de les vérifier. Il semble avoir fait une confiance aveugle à des récits les uns plus épiques que les autres.
Et les valeurs chrétiennes dans tout cela ? Certes, ce rapport a la prétention de rappeler à Paul Biya ce commandement qui dit « tu ne voleras point », mais ses auteurs tombent eux-mêmes sous le coup d’un autre : « tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain ». L’honnêteté, la probité et le sens de la justice ont manifestement été passés par pertes et profits dans la rédaction de ce rapport. Et un homme, au nom de grands principes moraux, a donc été livré à la vindicte de l’opinion publique planétaire sur la base de soupçons.
Que cela se passe à l’heure où des signes évidents indiquent que cet homme, le président Paul Biya, entend donner une impulsion nouvelle à son action d’assainissement de la gestion des affaires publiques ne saurait être le fait du hasard. Il y a là comme un contre-feu. Pour retarder le plus possible l’assaut que le président Biya lance contre la citadelle de l’enrichissement illicite. Sous toutes ses formes, qu’il s’agisse de corruption, de détournement des deniers publics, de fraude fiscale ou de surfacturation. Les « clients » dans chacun de ces régistres ne manquent pas.
Manifestement, ils ont de la ressource. Et des alliés de circonstance. Même dans les milieux les moins suspects de connivence avec les hors-la-loi!
R.D. LEBOGO NDONGO (03/07/2009)
Campagne de dénigrement contre le chef de l'Etat: Question de méthode
Pour ainsi dire, c’est sur une liste additive qu’apparaît le nom de Paul Biya dans le rapport du Comité catholique contre la faim et pour le développement (Ccfd-Terre solidaire). Cette Ong indexant les chefs d’Etat africains coupables à ses yeux d’enrichissement illicite, avait publié sa première liste il y a deux ans. Cette liste A, on se souvient, renfermait les noms des présidents Obiang Nguema Mbasogo, Denis Sassou Nguesso et Omar Bongo Ondimba (de regrettée mémoire). Pourquoi le nom du chef de l’Etat, qui ne figurait pas dans cette liste originelle, se retrouve-t-il dans la liste additive ? Tout le monde sait ce que représente une liste additive dans un concours ou dans un autre domaine. La réponse à cette question est contenue dans le rapport de circonstance de Ccfd-Terre solidaire : «Déçus, voire vexés de ne pas trouver Paul Biya dans l’étude sur les biens mal acquis que nous avons publiée en 2007, des associations, syndicats et journalistes camerounais se sont penchés sur la question » (Sic !).
On reconnaîtra au moins à Ccfd-Terre solidaire son honnêteté intellectuelle, qui dans son étude ne trouve rien à reprocher à Paul Biya, d’avouer que son «rapport additif » est la contre «étude» ou bien « l’enquête » faite par des journaux locaux et autres syndicats. Des journaux dont beaucoup de lecteurs camerounais n’apprendront l’existence que par le rapport de Ccfd-Terre solidaire. Là où cette Ong aura du mal à se justifier, par contre, c’est sans doute d’avoir cautionné et de s’être en quelque sorte fait le porte-voix des déclarations de ces journaux qu’il refuse de s’approprier si l’on en juge par sa propension à. chausser des gants par l’usage du conditionnel et des guillemets. Ces précautions ne constituent-elles pas un manteau de Noé pour cette Ong qui consciente de la délicatesse du sujet refuse de se dévoiler ? S’agissant d’un chef d’Etat contre lequel on jette l’anathème et d’un pays qui se bat pour sortir du sous-développement, le sujet est trop grave, en effet, pour qu’on s’y aventure sans apporter des faits irréfutables, fût-ce avec le bouclier du conditionnel. Ce mode de conjugaison étant par excellence, celui qu’utilisent les chercheurs pour émettre des hypothèses ou les journaux pour évoquer des faits dont la véracité n’est pas totalement établie. Quelques morceaux choisis du rapport de Ccfd-Terre solidaire : « Selon les journalistes de Germinal en 2008, « Paul Biya serait aussi actionnaire de plusieurs sociétés… » ». Plus loin : « Le leader de l’opposition John Fru Ndi aurait ainsi accumulé une fortune de plus de 125 millions de dollars, dont « plus de 70% de l’argent provient de ses deals avec le chef de l’Etat camerounais en fonction », en particulier entre juin 2002 et 2005 ». John Fru Ndi a nié ». N’empêche ! L’Ong fait ressortir ces allégations sans qu’un fait nouveau tendant à prouver une collusion entre le président et le leader de l’opposition soit rapporté.
Les accusations portées au conditionnel ne s’arrêtent pas là. On peut , en effet, lire plus bas : « Le journal The African Independant estime que le fils du président, Franck Biya, a un rôle-clé dans la gestion du patrimoine familial. Il gagnerait selon ce quotidien, « 9 milliards de F cfa dans la mafia du bois » ». Encore le conditionnel : « le fils Franck serait propriétaire à Roquebrune-Cap-Martin (..) de la magnifique « Villa Isis ».
Cette prudence dans le langage, cette volonté de se démarquer de ses sources montrent que Ccfd-Terre solidaire sait très bien ce qu’il fait, sans dire pourquoi il le fait. En fin de compte, son rapport ressemble étrangement à une revue de presse consacrée à des titres qu’un exégète des médias camerounais appelle « la presse à gages ».
MONDA BAKOA (02/07/2009)
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