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Pierre ELA, le commissaire de Police, démissionnaire, parle de son livre "Dossiers Noirs sur le Cameroun",
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Dakar, le 13 Janvier 2003
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"...ma démission m’a libéré de l’étau viscéral dans lequel était enfermée ma conscience d’homme libre, de chrétien, de compatriote, face au drame du peuple camerounais: multiples assassinats, gangstérisme politique au plus haut niveau, et j’en passe..."
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Pierre ELA, Commissaire de Police en 1984, a passé environ huit ans dans les services sécrets camerounais (D.S.T. et RG), de 1984 à 1992. Promu Commissaire de Police Principal en 1997, il a été, au moment de sa démission en l'an 2000, tour à tour, Commissaire aux Renseignements Généraux à Douala et Chef de la Division Provinciale de la Police Judicaire du Littoral à Douala.

Pour la première fois, un agent secret de Paul BIYA démissionne et décide de rompre le silence au nom, dit-il, "de la Sécurité Nationale du Cameroun ménacée par l'ingérence étrangère".

De manière significative, ce livre est un merveilleux voyage au coeur du système politique camerounais. Tout y passe: le jeu des intelligences des services secrets étrangers opérant au Cameroun par l'espionnage et la subversion, les dessous des mécanismes de fonctionnement au sein du Pouvoir, la face cachée de l'opposition camerounaise...

Des témoignages inédits sur les personnalités telles que: Paul BIYA, John FRU NDI, François SENGAT KUO, Samuel EBOUA, Robert MBELLA MBAPPE, William Aurelien ETEKI MBOUMOUA,Germaine AHIDJO... sont au coeur du récit.

Par delà l'évaluation politique et stratégique sans complaisance qui y ressort, c'est l'épineuse question de l'alternance politique au Cameroun qui est posée, avec, au centre, la dénonciation de l'ingérence française dans les affaires intérieures de ce grand pays de la sous région d'Afrique centrale.

La rédaction de Cameroon-Info.Net est entrée en contact avec Pierre ELA, qui a accepté de répondre à nos questions.


La première question, qui nous vient à l’esprit, c’est pourquoi avoir démissionné ?

Pierre ELA: Tout d’abord, je remercie Cameroon-Info.Net d’avoir eu le courage de m’accorder une interview exclusive au sujet de mon livre Dossiers noirs sur le Cameroun paru aux éditions Pyramide Papyrus Presse(Paris 2002). Car, il faut le reconnaître, ce livre a eu un effet dévastateur. Le service Afrique de RFI, après maintes promesses de le diffuser, a finalement opté pour le silence. BBC-Londres m’a accordé une interview depuis octobre 2002 dont j’attends la diffusion.

Je vous réponds simplement en disant que ma démission m’a libéré de l’étau viscéral dans lequel était enfermée ma conscience d’homme libre, de chrétien, de compatriote, face au drame du peuple camerounais: multiples assassinats, gangstérisme politique au plus haut niveau, et j’en passe. C’est depuis la fin des années 1993 que j’avais envisagé donner ma démission. Des amis m’avaient alors demandé d’attendre. J’ai attendu, mais les violations répétées des droits de l’homme par le pouvoir en place au moment où j’occupais les fonctions de chef de la division provinciale de la Police judiciaire du Littoral à Douala en 2000 ont précipité mon départ, qui a surpris tout le monde, y compris ma famille.


Et comment envisagiez-vous publier le livre qui était en gestation ?

Pierre ELA: Le livre a été édité avec un tirage de lancement de 2100 exemplaires en cours d’épuisement, en dépit de différents blocages. Je tiens à vous faire part du silence étrange de Jeune Afrique l’Intelligent à qui j’ai adressé une correspondance par e-mail en date du 13/7/2002, pour réagir à un article de François Soudan paru au n° 2150 du 25 au 31 mars 2002. J’avais ainsi interpellé ce rédacteur: «parlant de la relation tumultueuse entre Ahidjo et Biya au moment de la crise de la transition du pouvoir en 1982 et 1984 vous écrivez : ‘celui que Biya appelle invariablement ‘mon prédécesseur’ et donc les cendres n’ont pas trouvé le chemin du retour au pays natal lui avait alors livré une guerre sans pitié (page 26 op. cité)’. (…) comme vous, en effet, l’opinion publique nationale et internationale a rendu l’ancien président responsable de cette crise déclenchée en 1983. Ancien responsable au sein des services secrets de mon pays, j’ai découvert, avec stupeur, l’autre face cachée du président Biya : celle du successeur constitutionnel qui, seulement quatre mois après son accession au pouvoir, a pris l’initiative de rompre l’équilibre psychologique qui le liait à son illustre prédécesseur. En clair, c’est donc Paul Biya, et non Ahmadou Ahidjo, qui est responsable de la crise de la transition de 1983. La tentative du putsch militaire d’avril 1984 n’est que la conséquence du faux complot de 1983. Les Camerounais et les lecteurs de JAI attendent une réaction de ce journal. Je suis entrain de prendre des mesures pour un grand tirage en vue d’une large distribution du livre en Afrique . Rien n’empêchera les Camerounais de disposer de cet ouvrage qui contient, par ailleurs, un merveilleux album photo de leur ancien chef de l’Etat gracieusement offert par madame Germaine Ahidjo, à l’intention de la jeunesse.


Vous dites avoir écris ce livre au nom de la sécurité nationale du Cameroun. En même temps, vous présentez une autre notion, celle de la sécurité de l’état. Quelle est la différence entre les deux ?

Pierre ELA: Je présente la sécurité nationale – grand ensemble-, à travers ses divers éléments. La sécurité de l’Etat est l’un de ces éléments. J’ai esquissé une approche technique de la notion de sécurité nationale pour permettre au lecteur de mieux cerner la suite des chapitres.


«L’espionnage et la subversion sont les principales atteintes à la sécurité de l’état; et l’ingérence est plus complexe ». Peut-on lire dans votre livre. Que voulez-vous dire par là ?

Pierre ELA: La sécurité de l’Etat peut être mise en danger par l’espionnage ou la subversion. L’ingérence étrangère est plus complexe par ses manifestations : actions illégales et clandestines du fait d’un autre Etat ou organisation occulte. Ce qu’il convient de retenir, c’est la relation sécurité de l’Etat et équilibre de pouvoir. Parler de l’équilibre de pouvoir revient à aborder la question centrale de la prévention des catastrophes non naturelles imputables à la mauvaise gestion de l’Etat.


Comment expliquer que l’homme de confiance du Président selon vous, le sécretaire état à la sécurité intérieure soit aussi facilement approché par les Services Sécrèts Français, et être victime d’une opération de manipulation visant à renverser le Président ?

Pierre ELA: Les services secrets français sont réputés maîtres dans l’art de pénétration et d’infiltration de réseaux adverses. La manipulation de l’ancien secrétaire d’Etat à la sécurité intérieure (Sesi) a été le résultat d’une audacieuse opération des services français. Pourquoi ce haut responsable a-t-il trahi le Président ? Il est seul capable de l’expliquer. Cette partie de mon livre est l’une des plus palpitantes: les faits se déroulent au moment où le président Jacques Chirac, flanqué de son conseillé spécial Jacques Foccart, dirige le premier gouvernement de cohabitation en France. Or, qui dit Jacques Foccart dit «l’interventionniste».


Pourquoi la France voulait-t-elle renverser le Président au 1er trimestre de l’année 1989, est-ce cela qui explique la vague successive d’assassinats ?

Pierre ELA: Le complot français s’explique pour des raisons d’ordre stratégique. Selon un témoignage de l’ancien ministre des Affaires étrangères, M. William Aurélien Etéki Mboumoua, le pouvoir avait eu des contacts secrets avec l’ambassadeur des Etats-Unis en poste à Yaoundé en vue de confier la couverture de notre service de sécurité de l’Etat à son pays. Les Américains ne pouvant pas le faire eux-mêmes, firent appel à Israël. Pour la France (le tandem Chirac/Foccart), c’est intolérable, Paul Biya doit être «puni». Ce sera le début d’une longue campagne de déstabilisation, qui sera menée clandestinement au Cameroun, et de manière plus ouverte dans d’autres Etats de l’Afrique centrale, dans les années 90.

La vague d’assassinats évoquées (assassinats de Mè Ngongo Ottou, de l’abbé Louis Mbassi, des religieuses de Djoum) est liée à la grande déstabilisation. J’ai eu à montrer comment l’ancien Sesi a empêché mon service (le service Action dont j’étais le responsable) de poursuivre l’ Opération «O» visant à identifier la taupe qui trahissait le Président, et qui avait évoqué l’assassinat de Mè Ngongo Ottou.


Quel rôle la CIA a-t-elle joué dans tout cela ?

Pierre ELA: La Cia et le Mossad étaient conjointement responsables de la couverture technique et stratégique de notre service de sécurité de l’Etat. J’ai évoqué ma collaboration officieuse avec le chef d’antenne de la Cia en 1988, à l’insu du Sesi.


Qui tient le renseignement tient le pouvoir. Le Président le sait. Comment expliquer son "inertie" ?

Pierre ELA: L’inertie du Président tient au fait qu’il était pris en otage par l’armée. Cela confirme l’affirmation du général Semengue. Le président Biya n’a pas une capacité décisionnelle semblable à celle du président Ahidjo.


Si les services étrangers opèrent aussi facilement, c’est parce-qu’il y a possibilité entre le CENER et la DST. Qui fait quoi ?

Pierre ELA: Le CENER et la DST sont des services concurrents comme un peu partout, mais, comme je le note, le contre-espionnage ne se partage, en vertu du principe de l’unicité fonctionnelle. Mon service a eu à déplorer plusieurs cas de dysfonctionnements tant au niveau de la recherche que celui de l’action.


D’où une rationalisation des services de renseignements envisagés par vous. En quoi consiste-t-elle ?

Pierre ELA: La rationalisation des services de renseignements consistait essentiellement à rendre UN et INDIVISIBLE notre service de sûreté de l’Etat. Je dois préciser, ici, que la tâche n’était pas aisée pour le chef de l’Etat, parce que le CENER était supervisé par les Américains (et Israël), et la DST par la France. Des intérêts stratégiques aussi contradictoires et opposés ne pouvaient que nuire à la stabilité de l’Etat. Le dossier de rationalisation que j’avais initié ne pouvait donc pas aboutir, parce que la taupe de la France n’en voulait pas. J’avais été sanctionné (première sanction) pour avoir contourné ma hiérarchie pour saisir directement la Présidence sur ce dossier qui intéressait au plus haut point notre sécurité nationale.


Selon vous, Le complot de 1989 est déjoué un peu grâce à vous, deux témoins de l’affaire du complot disparaîtront: l’épouse du chef de l’état et son aide de camp. Vous êtes sanctionné par votre hiérarchie, alors que le général TATAW James, chef d’état major, vous adresse une lettre de félicitation. D’une part, pourquoi la disparition des témoins ? D’autre part, que signifie la sanction ?

Pierre ELA: Quand je parle de complot de 1989, je fais allusion à la tentative d’assassinat du président Biya «au plus tard au premier trimestre de l’année 1989». Ce complot était l’ultime étape du processus de déstabilisation du régime politique amorcé par la France en 1985.

La disparition des témoins (l’épouse du chef de l’Etat et l’Aide de camp) sont une pure coïncidence. C’est par le biais de la Première Dame que j’avais alerté le chef de l’Etat, lorsqu’il était appparu évident que la taupe de la France était «démasquée» à l’issue de ma propre enquête. L’Aide de camp avait simplement procédé à des certaines vérifications d’usage relatives à mon enquête.

S’agissant de la sanction –ma hiérarchie me sanctionne pour avoir saisi directement le chef de l’Etat pour l’informer de l’imminence du passage à l’acte– nous sommes en février 1989 (la deuxième sanction de ma carrière en moins de 2 ans), il appartient aux Camerounais de l’apprécier.


Pourquoi cette restructuration n’a t’elle pas toujours eu lieu ?

Pierre ELA: Cette restructuration n’a toujours pas eu lieu parce que personne n’en veut. L’incohérence de nos structures de sécurité et de renseignements est tellement manifeste qu’il faudrait, au préalable, la création d’un ministère de l’Intérieur et de la Sécurité pour harmoniser l’ensemble du système.


Un chapitre tout entier est consacré au Président AHIDJO, je dirais même que le livre lui est aussi dédié. Vous posez même la question de savoir si le système AHIDJO doit être restauré, si oui, par qui et comment ?

Pierre ELA: Je dois dire que le chapitre consacré au président Ahidjo a été source de nombreux malentendus avec certains éditeurs français. Je me suis rendu compte à quel point l’ancien président était mal connu à l’extérieur. Lorsque je formule la question de la «restauration du système Ahidjo», j’ouvre un débat sur la gestion respective du pouvoir par l’ancien et l’actuel chef de l’Etat. Les Camerounais pourront eux-mêmes juger.

Par delà la comparaison entre les deux méthodes de gestion du pouvoir, j’ai essayé de comprendre pourquoi l’opposition camerounaise a lamentablement échoué: elle n’a jamais voulu considérer le président Ahidjo comme une référence politique, obnubilée qu’elle était par l’attribut de «dictateur» abusivement collé à l’ancien Président. Tous les idéaux jadis fédérateurs(l’unité nationale, la justice sociale, la sécurité, le progrès) ont cédé la place aux menaces sécessionnistes, à l’injustice érigée en système de gouvernement, au tribalisme exacerbé, etc.

Comment et par qui le restaurer ? Au moment de quitter le Cameroun, j’avais conçu et élaboré l’ «Opération Colombe» qui avait reçu l’aval de certains membres du clergé, des membres de la société civile et de certains leaders politiques. Mais le chef de file de l’opposition camerounaise a maladroitement utilisé, par la suite, mon livre, à des fins de propagande politique à l’issue des récentes législatives de 2002, tout en refusant d’adhérer à notre plan d’action. Les Camerounais ont compris la supercherie et l’ont sanctionné.


C’est assez grave tout ce que vous dénoncez sur le fonctionnement de l’état camerounais. Ne pensez-vous pas le fragiliser plus ?

Pierre ELA: Pensez-vous que j’ai démissionné pour me taire ? Non. Mon engagement en faveur de la résistance légale et pacifique passe tout de même par la fragilisation du régime en place. Humblement, je n’ai jamais pensé un seul instant nuire aux intérêts supérieurs de mon pays. J’en voudrai pour preuve mon refus systématique à accepter des offres tendant à faire de moi un agent à la solde de l’étranger.


En lisant le livre du général SEMENGUE, on a cette impression que c’est l’armée qui maintient le Président BIYA au pouvoir. Qu’en pensez-vous ?

Pierre ELA: J’espère qu’il a publié ce livre après avoir ôté son vieux costume de général. Moi, je n’ai pas attendu la parution de son livre pour affirmer que Paul Biya est l’otage de la hiérarchie militaire. J’invite le général à poursuivre dans cette lancée, et d’éclairer ses compatriotes sur le faux complot de 1983 qui a contraint le président Ahidjo, son ancien chef suprême de l’armée, à l’exil et à la mort.


Telle que vous décrivez la situation, on a l’impression que du jour au lendemain n’importe qui peut faire un coup d’état au Cameroun...

Pierre ELA: Si l’on s’en tient aux informations contenues dans le livre du général Semengue, l’armée qui maintient le président Biya au pouvoir peut faire un coup d’Etat du jour au lendemain. Cela semble contradictoire avec les assurances données par le chef de l’Etat sur la stabilité du pays.


Les Français ont-ils définitivement abandonné le Cameroun ?

Pierre ELA: Les Français n’ont jamais abandonné le Cameroun. Ils y sont plus présents qu’à l’époque du président Ahidjo. Que ceux qui ont comploté hier contre Paul Biya soient redevenus économiquement les maîtres incontestés du pays avec le même Paul Biya relèvent de la «real politique» que les Camerounais auront du mal à assimiler.


De nombreux camerounais estiment que la victoire a été volée à John FRU NDI en 1992. Vous, vous parlez de coup d’état électoral. Comment cela s’est-il opéré ?

Pierre ELA: Je suis certain que les Camerounais savent également comment s’est opéré le coup d’Etat électoral d’octobre 1992: falsification et destruction des procès-verbaux, et j’en passe. Nous devons sans doute tourner la page de cette histoire douloureuse compte tenu de la réalité outrageante de cette opposition. Il reviendra aux Camerounais, s’ils le souhaitent, d’y revenir.


Vous parlez aussi de l’échec de l’opposition lors de la tripartite...

Pierre ELA: En fait, comme je le décris, ce n’est pas l’opposition qui a échoué lors de la Tripartite de novembre 1991 C’est le président Biya qui avait organisé un jeu de dupes. J’ai essayé de faire revivre la scène pathétique où le vieux et sage Paul Soppo Priso, rappelant ses 80 ans bien sonnés (le doyen des participants), et parlant au nom de ses petits enfants camerounais à l’avenir bloqué, interpelle le Premier ministre Sadou Hayatou et la presse de jurer qu’il respectera ses engagements. Et le Premier ministre donne sa parole d’honneur, au nom du chef de l’Etat qu’il représente personnellement, et celui de son gouvernement. L’outrage contre le peuple était consommé.


Vous soutenez profondément que la démission de François SENGAT KUO a déstabilisé le régime du Président BIYA ? Expliquez-nous...

Pierre ELA: Le chapitre consacré à François Sengat Kuo est aussi appuyé que celui relatif au président Ahidjo. J’y analyse, à l’intention des étudiants en sciences po et autres, ce que je qualifie de «doctrine Sengat Kuo». Cet homme a été un stratège hors pair. C’est un véritable monument, et sa disparition brutale a contribué à laminer l’opposition. Sengat Kuo a démissionné du RDPC lorsqu’il a compris que la bataille qui l’opposait aux conservateurs du parti tournait à son désavantage. Dans mon livre, je raconte comment j’ai servi de courroie de transmission entre Samuel Eboua et Sengat Kuo au début de la campagne pour la présidentielle de 1992.


Pourquoi après la sortie de votre livre, vous restez sans action ? vous n’adhérez pas à un parti politique, vous n’en fondez pas, vous êtes complètement en retrait. Comment comptez-vous changer les choses ?

Pierre ELA: J’ai eu à situer le sens de mon action. Il ne s’agit pas, pour moi, de créer un parti politique -un de trop-, mais d’organiser une résistance patriotique qui s’appuie essentiellement sur la jeunesse. Je m’attelle en ce moment à faire diffuser mon livre. Les Camerounais, les amis du Cameroun et les observateurs de notre vie politique doivent savoir ce qui s’est passé, et comment on n’en est arrivé à cette misère généralisée dans un pays aux énormes potentialités. Pour les Camerounais qui souhaitent effectivement une alternance politique en douceur en 2004, je les exhorte, aux noms de tous nos vaillants patriotes aujourd’hui disparus, à un Sursaut national. Je leur demande instamment de se mobiliser autour de l’Opération Colombe qui sert de programme politique, et d’organiser des comités de soutien, en vue de la création du parti politique dénommé Union Nationale Camerounaise, qui rassemblera, sous la direction de William Etéki Mboumoua, tous les Camerounais du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, non pas dans un système monolithique, mais dans la réalisation du Nouveau Projet de société, qui se veut révolutionnaire dans trois dimensions:

1.-) en passant du régime présidentiel actuel à une démocratie parlementaire, c’est toute l’ossature héritée du général de Gaulle –pour pérenniser le néocolonialisme- qui volera en éclats, au profit du modèle anglo-saxon ou allemand, plus moderne;

2.-) en optant pour une décentralisation véritable des régions avec un exécutif local et des conseils régionaux élus, l’ensemble disposant des pouvoirs autonomes de gestion (finances, éducation, santé, logement, urbanisme, police urbaine, affaires sociales, transport, tourisme, etc. ;), la 2è République mettra un terme à une centralisation administrative essentiellement destiné à la réélection de l’équipe au pouvoir;

3.-) en faisant du Premier ministre le gestionnaire principal de l’ «entreprise Etat» et en ôtant au président de la République les pouvoirs léonins qui font de lui un organe législatif et judiciaire-bis (initiative de la loi, recours au referendum, recours aux pouvoirs spéciaux, nomination et avancement des magistrats), la République nouvelle va parfaire l’équilibre du pouvoir et s’attaquer résolument à la question du sous-développement en mettant un terme à l’exportation massive et frauduleuse de nos capitaux.


Sinon vos projets ?

Pierre ELA: Mon seul projet actuel, c’est de m’occuper des jeunes. Monseigneur l’archevêque de Dakar m’a fait admettre à l’Institut pontifical Jean-Paul II de Cotonou pour une formation approfondie qui me permettra à court terme d’encadrer les mouvements de la jeunesse scolaire et non scolaire. Je suis entièrement pris en charge par l’Eglise.

Je prie les Camerounais de bien vouloir observer une minute de silence en la mémoire de nos illustres disparus.

Je vous remercie.

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