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Comment les Américains ont floué le gouvernement avec la société "Le Bus"
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YAOUNDE, 6 Nov. 2009
© Pierre Célestin Atangana et Brice R. Mbo | Mutations
 9 Réactions
Trois ans après la création d'une société de transport urbain dans la ville de Yaoundé, et l'espoir qu'a charrié le voyage inaugural de Le Bus dans les artères de la capitale, l'euphorie s'est envolée pour laisser place à la tension. Les grandes ambitions annoncées par les partenaires américains se sont évaporées avec la mise à l'écart des pionniers du projet. Une nouvelle race de prédateurs a pris le contrôle de la société, démantelant au passage les efforts entrepris par l'Etat, pour remettre à flot et redonner vie au transport urbain dans toute la République.
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Northon
Allemagne
10-Nov-2009 10:24 EST
@Nesta

Mrs Tsimi est pratiquement le seul à faire preuve de volontarisme dans ce gouvernement. Malgré ses pouvoirs réduits (Delegué de Yaoundé), malgré les multiples oppositions, on voit quand même le travail qu'il a réaliser et qu'il continue de réaliser à yaoundé.

Sur l'affaire du Bus, je vous fais remarquer que c'est le seul qui a tenté un passage en force pour sauver les investissement de l'Etat. Et nous savons tous qui a torpillé son initiative. C'est exactement comme celà que ca se passe dans ce gouvernement : les initiatives de ceux qui veulent faire avancer les choses sont régulièrement freinées par des pesanteurs venant de la haute hiérarchie, inerte et peureuse qu'elle est.

Même dans ce gouvernement, il existe des élements sains. Mais ils devienent d'autant plus rares qu'on progresse dans la hiérarchie.
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Nesta
DE
10-Nov-2009 06:55 EST
@ Northon

M. le délégué aime peut-être le Cameroun, mais il fait partie de ceux là même qui se sont faits piéger par les arnaqueurs. C'est un incompétent qui vit du manque d'alternative. Je me garderai donc de faire l'éloge du pompier pyromane.

Salut.
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Northon
Allemagne
10-Nov-2009 04:19 EST
Voilà une preuve de plus de l'amateurisme de ce gouvernement.
Une simple petite enquête préliminaire(quelques coups de fils) aurait permi de savoir que TAUG était une coquille vide.

On voit donc l'abbération du fait que nous ne maîtriions pas certaines technologies jusqu'aujourd'hui, comme le simple montage de Bus. car voilà un gouvernement qui a la Volonté de lancer une société de Transport Urbain et surtout les capitaux necessaires, mais il lui manque le capital gris. il est donc obligé d'aller chercher des partenaires étrangers qui eux possèdent ce capital gris, car il maîtrisent la technologie. Mais ce gouvernement s'expose ainsi à des arnaques de toutes sortes.
Il est grand temps que nous comprenions l'importance de la maîtrise des technologies. Il est inadmissible qu'au 21è sicle nous ne soyons pas capables de MONTER (je ne dis même pas fabriquer, mais monter) des automobile, or cette technologie a plus de 100 ans d'âge.

Enfin, je salue la vigueur de TSIMI EVOUNA, cet Homme aime vraiment le Cameroun et il a l'âme d'un bâtisseur. Il suffit de voir son comportement dans cette affaire :

- Il a fait partie de la mission qui a initié le projet (je ne serait pas surpris d'apprendre que l'idée vient de lui, après tout c'est bien lui qui a doté la communauté urbaine de Yaoundé de sa propre compagnie de taxis non?)

- Il a bien remplis sa part de contrat en aménageant des troncons routiers et en construisant les abris-bus.

- Qunad ca a commencé à sentir le roussi, Il a tenté une reprise en main de la société par l'Etat, mais ses propres supériers hiérarchiques ont torpillé ce projet, par peur de la réactions de l'Ambassadeur américain.

Cette histoire de Le Bus/Le car est l'illustration des tares qu'accuse notre pays en ce début de 21è siècle.
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Charly
Terre
09-Nov-2009 09:38 EST
Ces gens n'ont pas compris que nous sommes en pleine guerre!! Une guerre sans pitié où la moindre erreur est vite exploitée.
Il est inadmissible de mettre des milliards sur la table si tous les pré requis nécessaires à l'éxécution et la finalisation d'un tel projet ne pas réunis. Comment un gouvernement peut-il s'associer avec une boite qui n'a aucun background?
Quelles étaient les réalisations précédentes de TAUG avant le contrat signé avec le gouvernement camerounais? Quelles garantis proposées par Taug accompagnaient la realisation de ce projet? Qui était la "haute hiérarchie" qui a modifié l'ordre du jour et empéché ainsi Tsimi Evouna de faire son coup de force?
Comme d'habitude dans ce type d'affaire, beaucoup sont près à mettre des buts dans leur propre goal et tuer ainsi leur équipe juste pour assouvir leurs ambitions égoistes.
Esperons que ce type de camouflet nous servira de leçon pour l'avenir.
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Christian258
France
08-Nov-2009 14:13 EST
Il faut confier l'enquête là au Commissaire Ndongo (de l'Ambacam à Washington DC) il va nous faire un rapport précis et accablant............lol
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Douleur1
DC
07-Nov-2009 18:28 EST
C'est ce qui se passe quand on veut s'eterniser au pouvoir il ya des choses qu'on ne puit maitriser au fil du temps.
Il ya une logique biologique qui voudrait que plus on vieillit,plus on perd les facultes mentales.
Prennons l'exple du garant de nos institutions qui a pres de 80 ans d'apres l'age declare.
D'autre part il ne s'entoure que des gens qui sont aussi ages si non plus que lui comme conseillers et bras droit.
Le mieux aurait ete de s'entourer des jeunes avertis,des Hommes capables de faire du travail,des personnes en phase avec l'evolution du monde. Je pense qu'on aurait eu de meilleurs resultats.
Le gouvernement ne fait que des bevues.

Prennons le cas d'AES sonel. Il ya ambiguite.
Il est bon de savoir que AE Sirocco qui est une grande usine de montage des alternateurs et systemes electriques basee a grand junction au colorado ne serait affiliee en aucun cas avec AES(american electric services basee en virginie d'ou AES-Sonel).AES etait comme une grande quincaillerie de vente de materiel electrique. C'est cette diversion qui a tue notre gouvernement. On ne sait toujours pas comment ils ont fait pour tromper la vigilance de tout un gouvernement.
C'est ainsi qu'on a confie le secteur electrique de tout un pays aux mains des amateurs et charlatants. Ils n'ont jamais gere le secteur de l'electricite,ils n'en sont qu'a leur 1ere experience.On n'avait jamais eu de probleme avec notre sonel d'antant. As soon as they stepped in on a trouve des grosses expressions telles que: delestage,tarissement des eaux du barrage.... comme si la secheresse n'attendait que leur venue.
Une compagnie qui en 3 ans a eu a changer pres de 5 DG.

La meme chose se passe avec le BUS ou on pensait qu'ils avaient toute une usine de montage de vehicules de transport (TAUG).
C'est dire que nous ne devons plus traiter avec les americains n'importe comment. Les gerants de ces dossiers doivent etre eclaires et avertis.Les americains c'est le capitalisme a outrance,la recherche instinctive du profit a tous les coups et n'aspirent jamais a nos expectations .
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Nesta
DE
06-Nov-2009 19:07 EST
@ EvinaZe

Surprenant pour qui ? Continue de rêver... Quand on vous dit que le pays est aux mains de tocards qui vivent loin des réalités du 21è siècle. Vivement que ces vieux zozos réussissent au moins à briguer conseil compétent pour sauver ce qui reste à sauver. Et qu'ils ne viennent surtout pas se faire fêter en héros après avoir joué les sapeurs sur un feu qu'ils ont de toutes pièces posé eux-mêmes.
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EvinaZe
USA
06-Nov-2009 16:23 EST
Comment les 0petits feymens americains arrivent a dejouer tout un pays? C'est tres surprenant.
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Essingan
Efoulan
06-Nov-2009 14:44 EST
Nous le disions dejà à l époque : L Ambassadeur et son caniche Inoni ne sont que des apprentis canailles .
Le coup d Etat ils ont raté mais nos poches ,elles, continuent à les subir . Malfaiteurs ! Vive Mr le délegué Tsimi !
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Comment les Américains ont floué le gouvernement avec la société "Le Bus"
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YAOUNDE, 6 Nov. 2009
© Pierre Célestin Atangana et Brice R. Mbo | Mutations
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Trois ans après la création d'une société de transport urbain dans la ville de Yaoundé, et l'espoir qu'a charrié le voyage inaugural de Le Bus dans les artères de la capitale, l'euphorie s'est envolée pour laisser place à la tension. Les grandes ambitions annoncées par les partenaires américains se sont évaporées avec la mise à l'écart des pionniers du projet. Une nouvelle race de prédateurs a pris le contrôle de la société, démantelant au passage les efforts entrepris par l'Etat, pour remettre à flot et redonner vie au transport urbain dans toute la République.

Transport urbain: Comment la société Le Bus a effectué sa sortie de route




Trois ans après la création d'une société de transport urbain dans la ville de Yaoundé, et l'espoir qu'a charrié le voyage inaugural de Le Bus dans les artères de la capitale, l'euphorie s'est envolée pour laisser place à la tension. Les grandes ambitions annoncées par les partenaires américains se sont évaporées avec la mise à l'écart des pionniers du projet. Une nouvelle race de prédateurs a pris le contrôle de la société, démantelant au passage les efforts entrepris par l'Etat, pour remettre à flot et redonner vie au transport urbain dans toute la République.


Les Bus a Yaounde
Photo: © Le Bus


Une mission conduite par Dakole Daïssala, alors ministre des Transports, Jules Doret Ndongo, l'actuel secrétaire général des services du Premier ministre, Gilbert Tsimi Evouna, délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé, se rend courant 2006 dans la ville de Chicago aux Etats-Unis, pour rencontrer des responsables de la Transnational Automotive Group (Taug). Ceux-ci ont fait une offre de services concernant la reprise des activités du transport urbain au gouvernement camerounais au mois de février 2005, après la fermeture de la Sotuc. A cette date, la société dont l'Américain Joe Parker est le patron, reçoit les membres de la délégation camerounaise dans un building de Chigcago, présenté comme étant le siège de l'entreprise Taug.

Les responsables de la société leur font visiter des usines de montage de bus qu'ils présentent aussi comme faisant partie du patrimoine de l'entreprise, qui est entrée en bourse afin de lever des fonds qui vont permettre de financer le projet proposé au gouvernement camerounais. Au terme de cette visite et des échanges fructueux que la partie camerounaise a eu avec le partenaire américain, les émissaires du gouvernement produisent un rapport élogieux sur Taug, qui devient officiellement le partenaire de l'Etat dans la gestion du transport urbain. La société américaine qui est cependant à ces débuts, ne dispose pas de moyens pour financer ses activités, mais ne le fait pas savoir à la partie camerounaise. Le bluff de Chicago (le building visité par les camerounais n'est pas le siège de Taug, de même que l'usine de montage des bus n'appartient pas à cette société américaine) est simplement mis en œuvre pour inciter le gouvernement camerounais à libérer rapidement sa quote-part dans le capitale devant permettre de lancer la compagnie de transport urbain au Cameroun.


Mission commandée

Et ça marché : après le rapport de la mission aux Etats-Unis, et l'implication de l'ambassadeur Niels Marquardt dans les négociations, l'Etat du Cameroun, par le biais de la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (Csph), débloque un premier financement d'un million de dollar (environ 500 millions de Fcfa). Cet argent permet de financer les premières opérations de la compagnie de transport urbain baptisée Le Bus. Cet argent, apprend-on de sources proches du dossier, permet d'acheter 27 bus, d'aménager le site de la base Sotuc au quartier Nlongkak, et d'acheter au passage 11 autocars. Ces véhicules de transport interurbain permettront plus tard de créer la société Le Car, qui ne figurait pas sur la liste des activités initiales de Taug. "On s'est rendu compte plus tard que Taug était une start-up qui n'avait aucun sou, et donc qui ne pouvait pas investir sur des moyens propres. Elle débute ses activités au Cameroun avec les fonds de l'Etat", confirme une source autorisée.

Après ces acquisitions, la maison mère de Taug change de main aux Usa. Joe Parker est démis de ses fonctions pour malversations financières, et Steve Wochinski en devient le propriétaire. Ralph Thomson, diplomate en service au département d'Etat est nommé dans la foulée, et arrive au Cameroun pour rassurer le gouvernement sur la tenue des engagements pris au départ. Ceux-ci consistent entre autres à la mise sur pied d'une usine de montage de bus dans la ville de Limbe, de l'extension de l'activité de transport urbain sur l'étendue du territoire camerounais. En septembre 2006, premier voyage inaugural du bus après plus de 10 ans d'absence dans les rues de Yaoundé. Ephraïm Inoni, Premier ministre d'alors, suspend même l'installation des membres du gouvernement nouvellement nommés pour assister au lancement officiel des activités de la nouvelle société. Le Car, compagnie de transport interurbain est créée dans la foulée, et s'impose comme un modèle dans ce secteur, avec un service digne des compagnies aériennes.

Jusqu'en mai 2007, au moment où Lal Karsan Bhai débarque au poste de directeur des Opérations de Taug au Cameroun, en remplacement de Don Durand qui a démissionné à cause du virage opérer par la maison mère sur le projet de transport au Cameroun ; la société est gérée sans problème. Bokwe Mofor, qui a fermé son cabinet d'avocat aux Etats-Unis est à la tête de Le Bus, tandis que Cyrille Tollo, qui a également abandonné son job à Paris pour intégrer le groupe Taug, gère Le Car. En plus des 500 millions de Fcfa de la Csph, le gouvernement a intéressé la Chambre de Commerce (Ccima) et la Communauté urbaine au projet. Lesquelles structures injectent respectivement 200 millions et 2,5 milliards de Fcfa dans la société Le Bus. Des fonds qui font carburer la société.

Suffisant pour que à Los Angeles où Taug s'est définitivement installée aux Etats-Unis, la direction commence à attendre un retour sur investissement et mette la pression aux responsables des deux sociétés. "On ne comprend pas que les gens exigent un retour sur investissement alors qu'ils n'ont mis aucun sou dans une boîte qui n'a que quelques mois d'existence", souligne un ancien responsable du Groupe au Cameroun. Le climat entre les responsables des sociétés au Cameroun et ceux de la maison mère aux Usa commence à se détériorer. De nouvelles démissions ne vont pas tarder : Ralph Thomson, le président du groupe, démissionne à cause du dérapage des options et des engagements de départ.


Instructions de la hiérarchie

Au Cameroun, Don Durand, le vice-président des opérations de Taug-Cameroun claque la porte, avant que Cyrille Tollo, Dg de Le Car, et Bokwem Mofor, Dg de Le Bus, ne soient évincés sans galanterie. Bref, toute l'équipe des pionniers est démantelée par Lal Karsan Bhai, le Dg Tanzanien, qui est visiblement en mission commandée. "Ralph Thomson démissionne pour divergences stratégiques. Il se rend compte, après que la société Taug a remporté un prix au département d'Etat américain pour l'originalité de ce projet social au Cameroun, que les objectifs qu'il vise ne sont pas ceux du directoire" dirigé par Steve Wochinski, l'actionnaire majoritaire de Taug, croit savoir Eloi Cyrille Tollo, ancien Dg de Le Car.

Après avoir donné suite aux aspirations des actionnaires américains qui consistent entre autres à virer les fonds vers les Usa, à geler l'achat de nouveaux bus (depuis 2006, aucun nouveau bus n'a été acquis) et les investissements contenus dans le cahier des charges, le Dg tanzanien initie une opération de licenciements massifs, après avoir suspendu le paiement des fournisseurs de Le Bus. En quatre mois, 26 cadres et personnels sont mis à la porte. Aujourd'hui, plus de 100 employés ont été licenciés, et la gestion de la société est remise en question par les administrateurs. Sur les 47 bus dont disposait la société au départ, seuls 25 arrivent de manière poussive, à fonctionner avec 597 employés.

Au moment de l'éviction de Cyrille Tollo de la direction de la société Le Car, la Sni venait de boucler une négociation pour son entrée dans le capital de Taug-Cameroun, à hauteur de 3 milliards de Fcfa, révèle l'intéressé, qui ajoute : je peux dire que l'investissement de la Sni a été sauvé par mon éviction de Le Car. Aujourd'hui, cette société de transport inter-urbain, qui fonctionne avec les 11 autocars acheté par l'Etat (les premiers 500 millions débloqués par la Csph), a été vendu à M. Bongam, un opérateur économique camerounais. Ses employés réclament deux mois d'arriérés de salaires depuis cette reprise des actifs. Le Bus quant à lui a été rachetée par Philippe Du Toit, de nationalité sud-africaine, et Lal Karsan Bhai, qui pompent les 400 millions de subvention versée trimestriellement par l'Etat pour le fonctionnement de la société.



Cahier de charges: Des promesses mises au garage par les Américains




L'entreprise Taug a réduit son champ d'action au pompage des bénéfices.

Dans le cahier des charges transmis à Taug par le gouvernement, et négocié d'accord partie, la société américaine devait s'assurer de l'extension de l'activité de transport urbain sur l'ensemble du territoire camerounais. Pour donner à cette couverture nationale plus d'élan, la société avait aussi pour mission l'achat de nouveaux bus tous les trimestres, la construction d'une usine de montage de bus à Limbe dans la région du Sud-Ouest, et l'exploitation d'une carrière de pierre dans la même ville, pour multiplier ses sources et consolider l'assise de l'entreprise. Le gouvernement, à cause de la réticence de certains négociateurs locaux, s'opposera à l'ambition des Américains de Taug, de réhabiliter et d'exploiter "l'immeuble de la mort".

Avant le lancement du projet, l'Etat pour sa part, met la main à la poche et donne un million de dollars, soit environ 500 millions de Fcfa par le biais de la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures, pour le démarrage du projet. La Chambre de Commerce d'industrie des mines et de l'artisanat (Ccima), et la Communauté urbaine de Yaoundé (Cuy), autres partenaires publics présentent leurs apports. Pour la Ccima, la contribution s'élève à 400 mille dollars soit 200 millions de Fcfa, tandis que la Cuy aménage des tronçons routiers à Nkolbisson pour le passage du bus, construit des abribus et des arrêts bus dans toute la ville. Cet apport cumulé est aujourd'hui évalué à plus de deux milliards de Fcfa.

Si l'Etat honore entièrement ses engagements vis-à-vis de l'entreprise, les investisseurs américains, avec l'arrivée de Lal Karsan Bhai, gèlent l'achat de nouveaux bus, après l'arrivée des 20 premiers et derniers véhicules des de Le Bus à ce jour. Tous les autres projets rentrent au placard. Finis les projets de construction de l'usine de montage de bus à Limbe, l'exploitation de la carrière dont le site a pourtant été visité au début de la coopération par une mission du gouvernement et leurs partenaires américains. De même, Le Bus, dont le parc s'est considérablement amenuisé entre temps, n'est jamais sorti de Yaoundé la capitale : l'ambition de la couverture de tout le territoire est aux oubliettes.

C'est suite à ce revirement des objectifs initiaux, les premières réticences naissent, et que le gouvernement qui devait confier la gestion de " l'immeuble de la mort" à Taug, recule. Un ex-cadre du groupe explique que "les gens avaient commencé à se poser les questions sur la fiabilité de ces partenaires qui n'apportaient rien, mais exigeaient tout. Chaque fois qu'on a voulu décider, il y avait le spectre du drapeau américain qui planait sur nos têtes.

Un jour quelqu'un a même dit qu'il fallait simplement regarder, au risque de se créer des problèmes avec les Etats-Unis", dont l'ambassadeur au Cameroun à l'époque, Niels Marquardt, donnait déjà des insomnies au régime par ses prises de position sur la marche du Cameroun.

Lors du conseil d'administration de la société tenue en août 2008, le délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine, Gilbert Tsimi Evouna qui assure aussi la vice-présidence de la société, tente un passage en force pour reprendre le contrôle de la société. Sur la table des administrateurs ce jour-là, l'ordre du jour prévoit l'évaluation de l'apport de chaque actionnaire dans le projet, afin de redistribuer les cartes au sein du management de l'entreprise Le Bus. Mais à la grande surprise de tous, le projet d'ordre du jour est modifié " sur très hautes instructions de la hiérarchie ". Cette déclaration de Mefiro Oumarou, secrétaire d'Etat au ministère des Transports, douche l'enthousiasme des administrateurs et des employés qui rêvaient alors de voir cette société à capitaux publics, mais gérée par des Américains, changer de mains.



Regard: Investisseurs ou bandits à cols blancs?



Le scénario décrit ci-contre, et qui démonte le stratagème mis en place par les responsables de Taug pour séduire la mission camerounaise à Chicago, est celle usitée par les feymen, ces marchands d'illusion qui pillent les richesses des esprits faibles, et dont le Cameroun regorge du plus gros contingent. Se faire rouler de cette manière par des étrangers relève donc de la théorie de l'arroseur arrosé. Mais, face à cette affaire qui s'apparente à une escroquerie, l'on peut s'interroger sur l'indolence des autorités camerounaises, bien que certains d'entre eux ont senti du louche dès le lancement du projet ? Cette attitude peut bien être justifiée par l'implication personnelle de l'ambassadeur des Etats-Unis de l'époque dans ce projet, dès son lancement jusqu'au départ du Cameroun de Niels Marquardt ; lequel était, et c'est le moins qu'on puisse dire, un véritable caillou dans la chaussure des autorités camerounaises, de par ses déclarations qui ne servaient pas toujours les intérêts du gouvernement.

Lequel gouvernement ne souhaitait certainement pas en rajouter à la rage de ce diplomate, en s'opposant à un projet qui rencontrait non seulement son assentiment, mais bénéficiait de tout son soutien : Il est plusieurs fois arrivé que le service de la communication de l'ambassade des Etats-Unis à Yaoundé soit mis à contribution pour assurer la communication autour des évènements organisés par Le Car ou Le Bus. Ce soutien de l'ambassadeur des Usa, qui est somme toute normal pour un diplomate dont le job est de préserver les intérêts et d'assurer le rayonnement de son pays dans un autre pays ; ne saurait cependant absoudre les autorités camerounaises généralement promptes à apposer leur paraphe sur des projets qu'on leur présente, pour peu que leurs intérêts égoïstes sont satisfaits.

Car, en plus du cas Taug, on peut citer la nébuleuse Hydromine (encore une société américaine), cette société dont le siège se limite à une chambre dans un hôtel à New-York, et qui avait été visiblement montée de toute pièce pour venir s'octroyer l'exploitation de la bauxite au Cameroun. Alors que les responsables de cette entreprise prétendaient vouloir investir 5000 milliards de Fcfa au Cameroun, l'on avait été surpris de constater que la représentation de cette société à Yaoundé n'était autre chose que la dépendance de l'un de ses pions au Cameroun. Si Taug semble avoir réussi son coup, Hydromine n'est pas aller jusqu'au bout de cette imposture. Après s'être résolu à accepter qu'on ne pouvait pas attaquer un chantier comme l'exploitation de la bauxite sans le sou, et malgré les appuis solides dans les hautes sphères de la République, cette société sur papier a vendu le permis d'exploration qui lui avait été signé par les autorités camerounaises à des partenaires des Emirats Arabes Unis. Ce qui a conduit à la création de la Cameroon Alumina Limited (Cal), consortium dans lequel Hydromine n'est actionnaire qu'à 5%.

Après Hydromine, il y a eu Famm Cameroon, dont la promotrice camerounaise se targuait de soutiens américains. Et même d’avoir la même nationalité que l’oncle Sam. Cette Ong spécialisée dans la sécurité sociale, après un lancement en trombe de ses activités et l'apprivoisement des autorités gouvernementales en charge de ce secteur d'activités, a fermé boutique avec des centaines de millions de Fcfa appartenant à des populations aguichés par les services révolutionnaires que leur proposaient Briget Ambela Jeffrey et Cie. Récemment, c'est un rapport du ministère des Forêts qui épinglait Geovic, la société chargée de l'exploration du Nickel et du cobalt à Lomié dans la région de l'Est, pour coupe illégale du bois. Le Cameroun, haut lieu des magouilles en tout genre, semble être devenu une destination favorite pour des bandits sanglés dans des costumes d'investisseurs.

Brice R. Mbodiam


Dénouement: Une nouvelle société en gestation




L'annonce a été faite par le délégué du gouvernement lors de la grève du 2 novembre dernier à Le Bus.


Gilbert Tsimi Evouna
Photo: © Archives
Le passage en force manqué du délégué du gouvernement Gilbert Tsimi Evouna en août 2008, en vue de la prise du contrôle de Le Bus, pourrait se concrétiser d'ici quelques jours. Lors du mouvement d'humeur observé par les employés de cette entreprise en début de semaine, le vice-président du conseil d'administration, arrivé au siège de la société pour l'inauguration des nouveaux locaux de la direction générale, a refusé de s'adresser aux responsables de la société, préférant discuter avec le délégué du personnel. "Le gouvernement vient de décider de confier la gestion de la gare Sotuc à la Communauté urbaine de Yaoundé. J'ai déjà construit mes arrêts bus et je viens d'inaugurer la direction générale. La société de transport urbain de Yaoundé verra le jour. D'une manière ou d'une autre, le transport urbain marchera à Yaoundé", s'est-il adressé aux employés.

Cette attitude de Gilbert Tsimi Evouna a sonné le glas de Le Bus, dont l'actuel Dg tient solidement les rênes, après avoir racheté la société avec le sud-africain Philippe Du Toit. Pendant trois ans, les responsables de la société ont gelé les investissements, profitant grassement de la subvention de 400 millions de Fcfa versée par l'Etat tous les trimestres. Entre temps, 597 employés vivent du rendement devenu hypothétique de 25 bus, qui fonctionnent poussivement. A côté des investissements réalisés par la Communauté urbaine de Yaoundé, cette subvention pourrait être utilisée, selon un expert, pour faire tourner l'activité de transport urbain dans la ville de Yaoundé, sous l'égide de la communauté urbaine. Car, " il ne faut pas perdre de vue que le transport par bus à Yaoundé est devenu une question sociale dans la mesure où on imagine mal une ville comme Yaoundé sans bus". La société en création pourrait aussi vivre de la location des autocars de la société Le Car, acquis avec l'argent de l'Etat, mais actuellement utilisé par un opérateur privé.

C'est du moins ce qu'indique une convention signée entre Le Car et Le Bus en 2007, et qui stipule que les 11 autocars alors exploités par Le Car, mais qui ont été achetés avec l'argent public, rentraient officiellement dans le patrimoine de Le Bus. Ainsi, chaque mois, Le Car devait verser environ 10 millions de Fcfa à Le Bus, au titre de frais de location des autocars. L'existence de cette convention est-elle connue du nouvel acquéreur de la société Le car ? En tout cas, à défaut de reprendre entièrement les rênes de Le Bus, l'autre solution pour la communauté urbaine de Yaoundé, consisterait, fait observer un expert, à créer une société de transport inter-urbain avec l'appui de partenaires privés locaux. Celle-ci pourrait fonctionner sur le modèle Socatur à Douala, où la Communauté urbaine, qui s'est associé les services d'un opérateur privé local, est le principal actionnaire.

Rédaction de Cameroon-Info.Net
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