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Cameroun, diaspora et changement: ce qu’on retient de la (fameuse) lettre de Kala Lobé… |
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LE 8 AOUT 2009 © Tchoko YANGE | Correspondance |
13 Réactions  |
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"...Le présent article, le énième d’une longue série sur le sujet distillée à tout va sur le net, témoigne tout autant de la fécondité du débat soulevé par la journaliste Camerounaise. Notamment sur la collusion entre la diaspora Camerounaise dans son ensemble et l’opposition dite « radicale » agissant en son sein..." |
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@Oceane (Paris)
Vous vous sentez visée par mon post. Eh bien ! En réponse, voici ce que je vous dis par la plume de:
Kmt_bantu (Per Kemet)
1 - Oui à l'absence de haine envers la diaspora
2 - Oui à l'absence l'invective envers la diaspora
3 - non aux élucubrations basées sur des postulats faux que l'action est uniforme, que la diaspora même par ses gesticulations ne passe pas un message, ne fait pas une pression, on peut toujours ergorter sur les limites, comme celle de cette lettre, comme celle des articles de SKL, la lettre de SKL peut lui être retourné sur chaque point y compris le changement de paradigme, pourtant nous ne stigmatisons pas son oeuvre, son combat, qui est une contribution, une goutte d'eau dans un fleuve.
Ce qui pose problème ce n'est pas la necessité de s'adapter, de se remettre en question mais la logique de division, d'opposition des uns aux autres, de la négation des apports des uns et autres, il y a plusieurs paragraphes dans la lettre qui relèvent du soucis de l'invective, de l'opposition du local avec l'extérieur alors que nous n'avons pas besoin de cette opposition.
Un problème global ne peut être traité sous un prisme si réducteur et déformant
Quand aux élucubrations qui deviendront claires..., je demande à voir ! Mais avons-nous la même compréhension du mot ?
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SKL a le mérite d’avoir lancé un débat, elle a aussi le mérite de nous remettre en question, ne pas l’admettre serait faire de la mauvaise foi, dans sa première lettre, moins dans la seconde, elle a cédé par moment à l’invective, à l’agacement et à utiliser un prisme déformant et réducteur de la diaspora, ne pas le reconnaître c’est aussi de la mauvaise foi.
En focalisant sur l’essentiel la remise en cause, la nécessité d’amplifier l’action et en élaguant les points de polémique, d’opposition du local à l’extérieur, la fausse croyance à l’uniformité d’une lutte d’émancipation, en évacuant les points non pertinents de sa première lettre nous pouvons construire une réflexion qui dépasse le cadre créer par la première lettre d’approbation et de désapprobation.
Dans ma première contribution sur le sujet, rompant une période de recul et d’observation, dont deux mois au Cameroun en février et mars 2008 pour vivre en direct les évènements tragiques, j’ai fait des propositions en notant les points que je récusais dans la lettre de Suzanne et en reconnaissant le mérite sur les points ne valant aucune polémique. Ce qui est attendu tant des laudateurs, que des critiques de SKL, ce sont des contributions positives, des idées, des propositions afin de démontrer que le débat peut voler haut. A moins de n’avoir pas bien compris SKL, elle n’attend pas de voir des défenseurs, des exégètes de sa pensée surgir, encore moins des critiques lui niant son droit à l’expression, à l’opinion, même si sur certains points cela peut s’avérer peu pertinent. Il n’est point besoin de justifier un mauvais raisonnement en invoquant un autre adepte de problème mal posé sur un point précis. Il me semble que nous disposons d’assez d’exemples historiques et de recul pour analyser, comparer les méthodes d’action à travers les temps et l’histoire pour ne pas mener le type de faux combat visible uniquement au Cameroun d’opposition de citoyens à part entièrement avec ceux entièrement à part du fait de la résidence, le type de faux combat qui récuse bien des exemples dans l’histoire des combats menés depuis l’extérieur, cela n’enlève rien à la réalité que le terrain prime dans la réussite d’un combat,, il faut le maîtriser. De même les exemples de réussite à partir de l’extérieur ont disposé de relais internes puissants. J’accepte le mérite de ceux qui se battent au quotidien, qui affrontent la répression, la paupérisation mais personne ne me fera croire que la majorité des cadres de l’anc n’étaient pas en exil et que ce statut invalide une lutte et ne peut concourir à la réussite d’une lutte, il est aussi légitime de pointer l’insuffisance de mobilisation politique de la diaspora et son manque d’implication dans les actions du terrain. Les différents terrains de lutte ont leur justification et ne sont pas à opposer, ni mettre en concurrence, ni à systématiser
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Droit de critique qui n'est pas refus des avis contraires.
Si SKL critique avec des arguments par moments non pertinents, il faut admettre que ces arguments soient aussi critiqués, comme d'ailleurs les critiques de SKl doivent accepté voir leur arguments déconstruits.
Je n'oppose pas l'action de SKL à celle des autres, je pense que chacun dans sa préférence concoure à l'expression du débat public, nous devons respecter cela et éviter de donner ce sentiment entre certaines lignes que la citoyenneté est à la carte, que la résidence extérieure ne donnent pas la légitimité à poser le problème national, à contribuer à l'action et à la réflexion. La logique d'exclusion est tellement prégnante dans notre pays, qu'il est courant de voir cette volonté de poser les problèmes en opposant les uns aux autres.
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Shanda Tomné comme SKL sont libres d'émettre des tribunes, comme nous sommes libres de les critiquer, il suffit de faire une recherche sur le site du messager pour voir que plus d'une fois kmt_bantu a contredit les arguments de Shanda Tomné, autant il peut en avoir qui ne justifient pas une opposition autant parfois ses idées partent d'une conception très fausse et une haine certaine de la diaspora, sur ce plan j'ai envoyé des réactions à une vision de division, il y a des personnes dans notre pays qui ne peuvent pas poser un problème sans vouloir opposer les catégories, sans s'instruire de l'histoire pour savoir que Ghandi, lénine, khomény et bien de révolutionnaires ont commencé leurs actions en exil.Autant l’unité du combat est essentielle autant un combat est multi formes et passe par plusieurs types d’action, d’éclat, réfléchies, tactiques, militaires, culturelles, économiques et autres. Il faudrait au minimum ne pas se méprendre sur le problème et ses modes d’action pour ne pas demander aux activistes de conduire le travail des tacticiens et autres. Quand dans le monde il existe des groupes qui manifestent, s’immolent par le feu, d’autres réfléchissent, s’autres s’entraînent, d’autres s’opposent, d’autres conduisent les luttes syndicales. Ainsi quand l’anc menaient son combat, il y avait à coté le PAC, la branche armée, les syndicats, les manifestations de 10 à 15 personnes chaque date anniversaire à Paris, Londres et autres capitales dans le monde. Ce qui indique que chaque acteur, chaque geste concourent à la mise en agenda d’une quête de meilleure gouvernance dans notre pays et de voir le peuple recouvrer sa souveraineté et sa capacité à choisir les dirigeants et à les sanctionner aux échéances prévues à cet effet sans subir l’arbitraire des forces de répression. La lettre de SKL m'offre simplement l'occasion de contre argumenter sur les points qui me semble mal posés, je regrette que la lettre contiennent des paragraphes qui donnent à voir de l'invective, un sentiment de non légitimité au combat des citoyens résident à l'extérieur, qui sont que l'on le veuille ou pas des citoyens à part entière tels que définis par la loi. Pendant que certains affrontent dans la rue la police soit à davos, soit au G8 et aux évènements politiques, d'autres personnes se regroupent en ateliers et ou workshop pour penser des politiques alternatives, il me semble constater dans la diaspora des cercles de réflexion qui produisent sur la toile des articles, des réfléxions sans que SKL dans une lettre à la diaspora ne cite ces types d'action qui prouvent une fois de plus la pluralité de l'action, le prisme déformant et réducteur me semble être une preuve de médiocrité humaine et intellectuelle pour paraphraser un contributeur. Donnons à voir cette capacité à ne pas verser dans la division, l'opposition, le refus des droits civiques des uns et des autres au motif que nous ne partageons pas leur vision, leur choix d'action. J'insiste sur le droit de critique
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Cette médiocrité humaine et intellectuelle qui conduit certains au refus d’admettre une évidence accessible à qui veut la voir : on ne dort pas avec un boa. Aussi, je peux parier, sans risque de perdre, que les "élucubrations" de "ceux qui ne comprennent que la haine et l'invective" seront un jour d’une clarté telle que certains se demanderont comment et pourquoi ils ont été aussi long à la détente.
1 - Oui à l'absence de haine envers la diaspora
2 - Oui à l'absence l'invective envers la diaspora
3 - non aux élucubrations basées sur des postulats faux que l'action est uniforme, que la diaspora même par ses gesticulations ne passe pas un message, ne fait pas une pression, on peut toujours ergorter sur les limites, comme celle de cette lettre, comme celle des articles de SKL, la lettre de SKL peut lui être retourné sur chaque point y compris le changement de paradigme, pourtant nous ne stigmatisons pas son oeuvre, son combat, qui est une contribution, une goutte d'eau dans un fleuve.
Ce qui pose problème ce n'est pas la necessité de s'adapter, de se remettre en question mais la logique de division, d'opposition des uns aux autres, de la négation des apports des uns et autres, il y a plusieurs paragraphes dans la lettre qui relèvent du soucis de l'invective, de l'opposition du local avec l'extérieur alors que nous n'avons pas besoin de cette opposition.
Un problème global ne peut être traité sous un prisme si réducteur et déformant
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Oceane, si Mongo Béti n'était pas un "diasporé" économique, il était quoi ? Tu le considères comme étant de quelle catégorie les gens qui viennent en France poursuivre leurs études (tu me diras, c'était dans les années 50) ? Et pour rappel, il est rentré au pays en 1991, à près de 60 ans. Donc si on le prend comme référentiel, ça doit laisser de la marge à pas mal de gens. Donc quand tu dis "qu'il est rentré chez lui quand il a pu" là...
Pour la lettre de SKL, elle fait mal effectivement, mais peut-être parce que personne n'aime sa posture de donneuse de leçon. Et je crois qu'elle réfléchira à deux fois avant d'écrire la prochaine fois. Quant à Shanda Tonme, je ne me souviens pas qu'il ait fait une lettre explicitement pour toute la diaspora (tu peux me rafraîchir la mémoire).
Sur la question des opposants au régime de tes derniers posts, tu peux expliciter où tu voulais en venir.
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Il faut se demander enfin de compte, qui masque sa "médiocrité". Cette médiocrité humaine et intellectuelle qui conduit certains au refus d’admettre une évidence accessible à qui veut la voir : on ne dort pas avec un boa. Aussi, je peux parier, sans risque de perdre, que les "élucubrations" de "ceux qui ne comprennent que la haine et l'invective" seront un jour d’une clarté telle que certains se demanderont comment et pourquoi ils ont été aussi long à la détente. Tout simplement parce qu’il n’y a aucune fuite possible, la liberté ne se monnayant pas. Mais comme je l’ai dit à Otetek, certains meurent sans pouvoir parvenir à ce moment de lucidité.
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Mongo Beti qui n’était en rien un diasporé économique est aussi celui qui est rentré chez lui quand il a pu. C’est-à-dire quand Paul Biya a compris que cela ne servait à rien de continuer dans le bannissement initié par Ahidjo. Il a aussi commis un ouvrage dont le titre est ‘’La France contre l’Afrique’’ – l’auteur devrait le lire, toi avec d’ailleurs. Ce titre devrait pourtant parler à ceux qui sont fiers de compter parmi leurs partenaires au développement du Cameroun la classe politique et les investisseurs français et occidentaux. Avec juste le titre, sans entrer encore dans le corps du livre, modérer son enthousiasme quant au concours de l’Occident dans la réintroduction du respect des droits de l’autre dans notre pays et notre continent. Les ‘’opposants’’ s’opposent, malgré cette vérité ! Je croyais sincèrement que les opposants en voulaient aux politiques en place parce qu’ils refusaient, eux, la poursuite de la néocolonisation. Que non !
La dernière livraison de Jeune Afrique en donne la preuve en nous apprenant que pour la prochaine élection présidentielle, ‘’ la campagne commence à... Paris’’ pour tous les candidats – sbires de Bongo et opposition confondus –, pour se terminer pour la forme… au Gabon. Tout simplement parce que pour eux, ‘’ Être reçu à Paris dans les hauts lieux du pouvoir reste le meilleur moyen d’asseoir sa stature internationale aux yeux des électeurs.’’ !
L’honnêteté intellectuelle veut que le Code et sa bande d’illuminés reconnaissent que le cas actuel du Gabon n’est pas une exception, mais la règle en matière d’accession à la plus haute fonction en néocolonies.
Ainsi donc, ces ‘’esclaves – semi- libérés -, mais malheureux de l’être’’ ont besoin de l’onction non pas des électeurs gabonais, mais de politiques étrangers pour devenir de vrais candidats prédentiables aux yeux des leurs ! Les Gabonais candidats à la magistrature suprême vont à Paris dire aux Français à quel point ils aimeront lécher leur C. Si jamais ils acceptaient de porter leur choix sur tel ou tel mamelouk ! En matière de léchage de cul, il n’y a rien de mieux que ces esclaves revenant se coucher aux pieds du maître pour quémander une faveur. Et ce peuple pour lequel on prétend se battre alors ? Il ne compte que jouer à la mascarade de la mise de bulletins dans les urnes ?
Membres de l’opposition et héritiers de Bongo sont tous entrain d’expliquer à la France que chacun lèchera mieux son %%% que l’autre ; qu’il acceptera la grosseur et la longueur du pieu avec lequel elle empalera jusqu’aux entrailles le Gabon, et résistera à la douleur de son peuple, pour protéger les ‘’intérêts français’’ au Gabon. Et les recalés se transformeront en ‘’opposants’’… de pacotille.
Les ‘’opposants’’ gabonais à la ‘’dévolution monarchique du pouvoir’’ au fils Bongo ont eux aussi manifesté, tout en honorant de leur présence la rencontre avec le ‘’B must go’’ du Gabon venu à Paris.
Il faut se demander enfin de compte, qui masque sa ‘’médiocrit
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Encore!!!! Mais c'est une obsession ou quoi !
SKL est bien d'accord qu'il faut que les choses changent. Ce qu'elle remet en question c'est le "comment" et non le "quoi".
Comment faire changer les choses ?
Comment "augmenter la pression sur nos dirigeants" ?
Comment, comment , comment ? ?????
Si les "jets de tomates" et autres actions n'ont pas portées (ou peu) de fruit alors il faut faire les choses différemment. Voilà le pb.
Qui a dit "la démence c'est le fait de faire continuellement la même chose en espérant des réultats différents" ?
IMOO (Vive le Cameroun et ses intellectuels)
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@@@
Mais en lieu et place des sempiternelles remises en question naïves et philosophiques sur ce que la diaspora pourrait faire si elle savait elle-même s’organiser collectivement (elle fait déjà ce qu’elle peut), on retiendra de ces interminables cyber-échanges qu’il faut augmenter la pression sur nos dirigeants pour qu’ils mettent enfin en place des structures idoines permettant aux initiatives en tout genre de s’exprimer.
Je ne changerai pas un iota à ce qui est affirmé ici. Kala Lobé elle même en conviendra.
Comme j'aurais tant voulu écrire cet article. Enfin de l'équilibre. Merci à toi, frère que je ne connais pas.
J'entends déjà ceux qui ne comprennent que la haine et l'invective crier haro sur les longs crayons pensant ainsi masquer leur médiocrité. En réalité, ils ne semblent pas distinguer l'arrière de l'avant d'un âne. Laissons les à leurs élucubrations !
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L'aiguillon de Suzanne Kala Lobè fait très mal, à n'en pas douter. Je vais me mettre à compter le nombre de "réactions" de nos longs crayons à ce qui s'avère être une nécessaire interpellation.
Pour tout ce rafut ? Shanda Tonme. avait déjà demandé à quoi cela nous à nous de la diaspora de battre le pavé des rues des capitales et villes européennes. Il affirmait aussi que cela se passait au Cameroun et non à l'étranger, chez les autres. Personne n'avait alors reproché à Shanda Tonme de mettre toutes les individualités camerounaises de l'étranger dans le même sac.
Chiche qu'on arrive à dix !
J'offre une jobajo -c'est mon niveau - à la dixième "réaction"
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Un nouveau politicien est ne.
Vive le Cameroun et les l'etat des analyste.
Chacun est specialiste et ensemble on ne peut rien.
Un seul mot: Continuez!
Le Patriote
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Encore?
Ecrivez-nous des livres la dessus. Inventez-nous de nouveaux mots la dessus.
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Cameroun, diaspora et changement: ce qu’on retient de la (fameuse) lettre de Kala Lobé… |
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LE 8 AOUT 2009 © Tchoko YANGE | Correspondance |
13 Réactions  |
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"...Le présent article, le énième d’une longue série sur le sujet distillée à tout va sur le net, témoigne tout autant de la fécondité du débat soulevé par la journaliste Camerounaise. Notamment sur la collusion entre la diaspora Camerounaise dans son ensemble et l’opposition dite « radicale » agissant en son sein..." |
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Le débat autour de la lettre adressée à la diaspora Camerounaise par Suzanne Kala Lobé, en marge de la visite officielle du Président Paul Biya en France, a certainement été l’un des plus populaires et des plus engagés sur le Web Camerounais ces derniers jours. Sociologue(s), scientifique(s) ou simples anonymes, nombreux sont ceux qui n’ont pas hésité à se jeter dans l’arène comme des gladiateurs touchés au vif par un « adversaire » qui, vraisemblablement, a été jugé très mal placé pour faire la leçon.
Le présent article, le énième d’une longue série sur le sujet distillée à tout va sur le net, témoigne tout autant de la fécondité du débat soulevé par la journaliste Camerounaise. Notamment sur la collusion entre la diaspora Camerounaise dans son ensemble et l’opposition dite « radicale » agissant en son sein ; sur le rôle et la légitimité de la dite diaspora à donner de la voix sur les problématiques nationales, au même titre que la société civile et l’opposition locales ; et enfin, sur le rôle et bilan général des actions entreprises par cette même diaspora ces dernières années.
Sur la question du CODE en tant qu’organisation d’opposition de la diaspora, de sa représentativité et de ses actions
Comme certains compatriotes ont eu à le faire remarquer, la diaspora Camerounaise n’est pas un bloc homogène et compact qu’on pourrait indexer de manière globale sans compromettre la réalité. Une réalité somme toute évidente qui veut que ce soit une collectivité d’hommes et de femmes qui ont pour seul dénominateur commun le fait de vivre à l’étranger, mais dont les tendances politiques diffuses et les intérêts parfois divergents font qu’ils ne regardent pas nécessairement dans la même direction.
Il apparaît donc quelque peu farfelu, comme l’a fait Suzanne Kala Lobé, de s’adresser à la diaspora Camerounaise toute entière sur la seule base de manifestations orchestrées par une organisation qui, jusqu’à preuve du contraire, n’a jamais prétendu représenter les Camerounais de l’étranger dans leur ensemble. Il est encore plus surprenant, de voir cette même journaliste, contestataire à ses premières heures, critiquer l’une des seules organisations qui peut encore se prévaloir d’être la conscience coupable d’un régime qui a appauvri le Cameroun et les Camerounais depuis plus d’un quart de siècle.
Le CODE et « leurs amis », puisque c’est d’eux qu’il s’agit, ont peut être des méthodes contestables. Leur manie de critiquer à tout vent est peut être agaçante. Et la virulence de leurs communiqués peut parfois sembler déconnectée d’une réalité vécue différemment par une majorité de Camerounais. Mais il n’empêche que, dans un pays où l’implication citoyenne en politique est désormais complètement inexistante, où les partis de l’opposition ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes et où le journalisme de contestation a totalement disparu, avoir une voix dissidente qui échappe aux pesanteurs et aux pressions politiques et qui remet en question un système défaillant n’est pas un luxe.
Mongo Béti, depuis la ville de Rouen où il enseignait, a passé une grande partie de sa vie à critiquer les régimes politiques qui se sont succédés à la tête du Cameroun et ce, sans jamais proposer d’alternatives programmatiques concrètes. Il n’était ni économiste, ni politicien professionnel, ni scientifique. Est ce pour autant que son action et son rôle ont été dénués d’intérêt ? Une organisation dissidente n’est-elle plus dans son rôle si elle n’est pas systématiquement force de propositions ? L’engagement politique ne peut-il pas se limiter qu’à mettre en lumière les défaillances d’un système ? Cet argument qui consiste à opposer critique à proposition ressemble fort à celui des adeptes de la dictature d’opinion qui veut qu’on ne puisse critiquer un joueur de football qui rate nonchalamment une occasion parce qu’on ne serait pas capable de le remplacer sur le terrain. Tout citoyen n’a pas la capacité de faire des propositions techniques pour rénover la politique Camerounaise et améliorer la gestion de la cité. Mais tout le monde a le bagout pour déceler ce qui est imparfait et le devoir, chaque fois que cela semble nécessaire, de tirer la sonnette d’alarme.
C’est dans cette unique perspective de « gendarme de la mauvaise gouvernance » que l’on doit inscrire les actions perpétrées par le CODE. Il ne faut pas attendre d’eux qu’ils se transforment en présidentiables cintrés en costumes-cravates, mallettes à la main, avec un programme économique prospectif pour le Cameroun sur les 10 prochaines années.
S’il est par ailleurs évident qu’on ne partage pas tous les mêmes vues et les mêmes stratégies que les leaders de l’opposition « radicale », les carences avérées du régime Biya devraient inviter à poser un regard au mieux respectueux sur le dévouement intemporel et sans limite de ceux là mêmes qui continuent d’assumer ce rôle, parfois ingrat, de « mauvaise conscience » de nos dirigeants.
Sur la légitimité de la diaspora à parler des problèmes du Cameroun en dépit de l’énorme fossé géographique
Un autre point soulevé par la première missive de Kala Lobé est la question de la légitimité de la diaspora à parler des problèmes du Cameroun en dehors du prisme déformant dans lequel leur vision est empêtrée du fait de l’éloignement physique et de l’enracinement dans paradigmes éculés (idéologies marxiste, communiste et consorts) tendance guerre froide. Cet aspect de la lettre, manifesté par la phrase «Prenez un billet d’avion tous les trois mois et venez réfléchir avec nous à la meilleure stratégie pour sortir le pays des griffes de tous les imposteurs», participe de cette Kala-Lobéïsation (*) des esprits consistant à faire croire que les Camerounais de l’étranger sont des extraterrestres sortis de nulle part. Car, sinon, comment comprendre cette idée saugrenue qui veut qu’il faille résider au Cameroun pour comprendre ce qu’endurent les Camerounais ; ou encore pour avoir le droit de penser de manière pertinente le Cameroun de demain ?
Il ne faut pas perdre de vue que l’émergence d’une diaspora Camerounaise n’est pas le résultat d’une œuvre mystique faisant spontanément apparaître des hommes et des femmes ça et là aux quatre coins du monde. La diaspora, ça reste avant tout de nombreux Camerounais ayant pour la plupart vécu au Cameroun et qui l’ont quitté pour diverses raisons, souvent d’ordre économique, pour aller tenter l’aventure à l’extérieur. Ils connaissent donc ce pays, au moins dans ses grandes lignes et dans ses grandes tendances, au même titre que l’instituteur de Bertoua, l’éleveur de Kousseri ou l’agriculteur de Mpenja.
Mongo Béti sus évoqué, disqualifié à maintes reprises sur sa capacité à aborder les questions locales avec pertinence, avait résumé son point de vue sur cette question en reprenant le psychanalyste Freud (dans l’ouvrage d’Ambroise Kom Mongo Beti parle): «la meilleure façon de saisir une société et ses problèmes, ce n’est pas d’être à l’intérieur. C’est d’avoir une certaine distance par rapport à cette société.» Une distance critique qui permet parfois de penser le pays de manière plus rigoureuse et objective, par delà le cloisonnement intellectuel largement entretenu par les difficultés du quotidien: la misère, la faim et l’impératif de survie.
Sur le rôle et le bilan de la diaspora ces dernières années
Le dernier élément soulevé en filigrane dans les missives de Kala Lobé, même s’il ne l’a pas été de manière rigoureuse, est celui du rôle effectif de la diaspora (on parle bien ici de la diaspora apolitique et non des opposants de la diaspora) dans les chantiers relatifs au changement dans notre pays. Par changement, on entend l’ensemble des mutations économiques, sociales ou politiques qui pourraient être orchestrées par le biais des Camerounais de l’étranger pour contribuer positivement à la construction de notre pays.
A bien y regarder, il est presque impossible, comme certains tentent de le faire, de décoreller ce qui est communément perçu comme « l’échec de la diaspora » de l’immobilisme de nos pouvoirs publics. La maxime « Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez vous ce que vous pouvez faire pour votre pays » est bien belle, mais ne sied en rien à ces républiques bananières où l’Etat semble parfois allergique aux dynamiques individuelles. Le feu Président Kennedy, s’il avait vécu un tant soit peu dans un pays comme le Cameroun, n’aurait certainement jamais eu telle inspiration.
Un autre corollaire à cette phrase du feu Président Américain, que les Kala-Lobéïstes consacrent, on ne sait pour quelle raison, au panthéon des recommandations majeures pour l’avenir des Camerounais, c’est que « chacun doit faire ce qu’il peut à son petit niveau ». Si la banalité de cette assertion fait qu’on en saisit tout de suite le bien fondé, cette phrase ne fait malheureusement que résumer ce que fait l’ensemble des Camerounais depuis 27 ans. Entre le jeune vendant ses médicaments dans les artères crasseuses de Douala pour nourrir toute sa famille et ses petits frères, l’étudiant de la diaspora finançant des groupes d’auto défense dans son quartier à Yaoundé en travaillant comme gardien de nuit dans un trou perdu en Russie et le responsable associatif qui promeut la culture Camerounaise dans sa petite ville du fin fond de l’Alsace, les Camerounais ont de tout temps fait ce qu’ils pouvaient à leur « petit niveau ». Mais pour quels résultats ?
La réalité est que quel que soit l’action individuelle ou collective que l’on veut poser, si l’Etat ne met pas en place le minimum de bonne volonté et de structures adéquates pour penser les questions de développement de manière globalisante, rien de constructif ne pourra en ressortir. Ebenezer Njoh Mouelle, dans son désormais célèbre ouvrage De La Médiocrité à l’Excellence, avait d’ailleurs reconnu cette prééminence absolue de l’Etat pour faire bouger les lignes dans des pays où le corps social (de l’administration au bas peuple) est déstructuré par une pauvreté, non seulement matérielle, mais aussi morale:
« […] Le choc des intérêts égoïstes dans nos sociétés est tel qu’il rend le rôle de l’Etat bien plus important que partout ailleurs. L’Etat, en Afrique, se doit d’être fort, non pas pour assurer la survie des dirigeants et de leur régime, mais pour imposer ses arbitrages […] »
Faire le procès de l’inaction collective de la diaspora, c’est donc un peu comme accuser un enfant de ne pas aller à l’école quand il ne dispose d’aucune infrastructure éducative dans son environnement de proximité. L’Etat n’est certes pas tenu de porter tous les projets à bras le corps (il a d’ailleurs déjà démontré qu’il en était incapable), mais il doit absolument mettre en place des mesures d’accompagnement pour faciliter le déploiement des nombreuses initiatives privées qui fleurissent à l’étranger.
L’exemple du projet de l’Université des Montagnes, qui est certes en train d’aboutir positivement aujourd’hui, a été révélateur de cette capacité de nuisance de l’Etat Camerounais lorsqu’il s’agit de soutenir et de favoriser l’éclosion d’un projet d’envergure nationale. L’absence d’un grand département (pas nécessairement ministériel) en lien avec les ambassades qui assurerait la centralisation et le leadership des projets en direction du Cameroun, en mettant en adéquation l’offre extérieure aux besoins locaux, est aussi préjudiciable aux initiatives individuelles ou associatives. La mauvaise foi, le laxisme et la paresse que certains individus manifestent sur place finissent souvent de démotiver même les patriotes les plus aguerris.
Il faut donc que la loi sur la double nationalité prenne forme, que l’on recense en nombre et en compétences l’ensemble des Camerounais de la diaspora, qu’une organisation des Camerounais de l’étranger soit mise sur pied avec, au départ, deux grandes zones d’activités où convergeraient les projets et initiatives: l’Amérique du Nord dont le centre pourrait être à Washington D.C et l’Europe dont le centre serait Paris. Chaque année, sous la houlette du Ministère des relations extérieures et des ambassades Camerounaises à l’étranger, un grand forum de la diaspora Camerounaise pourrait être initié où quelques membres du gouvernement (industrie, commerce, agriculture, recherche scientifique, santé, etc.) présenteraient, comme on sait si bien le faire en rencontrant les investisseurs français, les diverses opportunités d’affaires et de projets viables au Cameroun.
Pour palier aux habituels conflits de leadership individuel, ce type de structures devra être dirigé par des Camerounais qui ont déjà fait leurs preuves dans la vie associative, à l’instar des organisateurs du Challenge Camerounais et de l’association des Ingénieurs et informaticiens Camerounais (VKII) en Allemagne, des initiateurs du forum DAVOC de la diaspora Camerounaise à travers leur collectif CASANET ou des responsables de l’AED Cameroun à l’origine du projet de l’Université des Montagnes.
Néanmoins, parler du bilan de la diaspora sans aborder nos défaillances individuelles serait légèrement travestir la vérité. Et il faut le reconnaître : au-delà des responsabilités de l’Etat qui sont incontestables, l’ensemble de la diaspora n’a pas toujours fait l’effort patriotique nécessaire pour s’élever au-delà des nombreuses difficultés qu’on rencontre lorsqu’on veut aider son pays et s’organiser collectivement de manière autonome. Pour exemple, de tous les Webmasters qui pullulent à l’étranger et qui disposent de sites Web sur la toile, combien se sont concrètement proposés pour offrir à leurs représentations diplomatiques une vitrine sur Internet ? Ce n’est certes par le rôle du citoyen lambda que de concevoir le site Web de son ambassade, mais ça fait néanmoins partie des actions simples, volontaristes et patriotiques, que certains informaticiens de la diaspora pourraient entreprendre et généraliser pour les représentations qui n’en disposent pas.
Au sein des communautés étudiantes, l’insouciance et une forme de lassitude politique sont devenues symptomatiques de cette crise de patriotisme aigüe qui éloigne les jeunes des vrais enjeux nationaux. Les centres d’intérêt, même s’ils relèvent des « goûts et des couleurs » de tout un chacun, sont largement à remettre en question : les forums organisés pour réfléchir sur l’avenir du pays ne rencontrent presque jamais le dixième de l’audience d’un concert de K-tino ou d’une soirée dansante. La diaspora, si elle peut se féliciter d’être parvenue à démocratiser l’information sur le Cameroun sur le net (avec bien évidemment les dérives qu’on connaît), a quand même échoué à sensibiliser les plus jeunes d’entre eux sur l’impératif de s’investir sans relâche pour leur pays. Les réalités de la vie en occident aidant, on se retrouve aujourd’hui avec des Camerounais embourgeoisés qui montrent un dédain certain pour le Cameroun, ses institutions, et pour leurs compatriotes restés au pays. Ce n’est d’ailleurs qu’une banalité évidente que de le dire.
Sur les perspectives d’avenir après avoir tant épilogué
Au final, si on peut reprocher à Suzanne Kala Lobé un propos imprécis et quelque peu condescendant vis-à-vis de la diaspora, elle aura au moins eu le mérite de remettre au goût du jour la question fondamentale de la place des Camerounais de l’étranger dans le processus de mutations socio-économiques qui doivent avoir cours au Cameroun dans les prochaines années.
Mais en lieu et place des sempiternelles remises en question naïves et philosophiques sur ce que la diaspora pourrait faire si elle savait elle-même s’organiser collectivement (elle fait déjà ce qu’elle peut), on retiendra de ces interminables cyber-échanges qu’il faut augmenter la pression sur nos dirigeants pour qu’ils mettent enfin en place des structures idoines permettant aux initiatives en tout genre de s’exprimer. Car rêver d’un affranchissement collectif et d’une transmutation spontanée de plusieurs milliers de personnes, à cause du coup de gueule d’une journaliste, fut-elle brillante, ne serait que pure utopie.
(*) Kala-Lobéïsation : concept qui consiste à amalgamer la diaspora Camerounaise avec un peu de tout et de n’importe quoi : opposants qui n’ont rien compris au Cameroun et qui braillent de l’extérieur en attendant de pouvoir jeter des tomates et des œufs pourris à Paul Biya lors de ses déplacements officiels ; concitoyens nourris aux idéologies vétustes ou éculées, qui ne savent pas que le Cameroun change et pensent qu’ils vont faire la révolution Ché-Guévariste depuis Internet ; ou encore Camerounais en faillite propositionnelle qui passent leur temps à se plaindre et qui attendent que l’Etat les prenne par la main.
Tchoko YANGE, Bonaberi.com
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