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Interview Exclusive: A la rencontre du Dr. Ernest SIMO, Premier Africain Finaliste à la Sélection des Astronautes de la NASA. ...
15-02-2003 - CRTV Online
CRTV ONLINE vous propose l’interview accordée en exclusivité par le Dr. Ernest SIMO, de nationalité camerounaise, deux fois finaliste du prestigieux et rigoureux Programme de Sélection des Astronautes de la NASA. L’ interview a été réalisée le 10 février 2003 par Zesseu Tankwa Claude, rédacteur en ligne, CRTV Online.
- CRTV ONLINE s’est entretenu avec le Dr. Ernest SIMO.
CRTV Online: En consultant les archives de la NASA , l’on se rend compte que vous avez été deux fois finaliste des Programmes de Sélection des Astronautes de la NASA, respectivement en 1994 et en 1996. . Pouvez-vous le confirmer ?
Dr. SIMO: C’est exact…
En 1994, j’étais extrêmement heureux de pouvoir réaliser mon rêve… un rêve nourri par la fascination que j’avais éprouvée pour le programme Apollo, dont le couronnement fut l’atterrissage de l’homme sur la lune en 1969. A l’époque, j’étais élève en classe de cinquième au Lycée Leclerc de Yaoundé.
En 1996, j’étais une fois encore finaliste du Programme de Sélection des Astronautes de la NASA. Un documentaire produit par des personnalités indépendantes avait alors été réalisé afin de couvrir les différentes étapes que j’ai eu à franchir avant la sélection définitive à Houston(Texas). Un parcours qui a été bien couvert par « Jeune Afrique Economie » et par de nombreux journaux au Cameroun.
CRTV Online: Il nous revient que vous êtes le premier Africain qui ait jamais atteint un tel niveau dans le cadre du Programme de Sélection des Astronautes de la NASA…
Dr. SIMO: Ceci est également vrai…c’est d’ailleurs ce qui a fait l’objet du documentaire dont j’ai parlé tantôt…le premier Africain à être finaliste de la Sélection des Astronautes de la NASA…
CRTV Online: Quels sentiments éprouvez-vous à propos de cette sélection… de l’humilité ou de la fierté ?
Dr. SIMO: Mes sentiments sont plutôt divers: d’une part, je me dis que j’ai reçu beaucoup de bénédictions de la part de ceux qui m’ont apporté un grand soutien…notamment ma feue grand-mère, mes parents, mes tantes, mes oncles, mes professeurs qui m’ont inculqué de grandes valeurs dans mon enfance. J’ai eu la chance d’avoir de grandes opportunités qui m’ont permis d’exercer ma passion dans le domaine de la haute technologie et cela grâce à l’amour et au soutien sans faille de mon épouse et de mes enfants.
D’autre part, c’est vrai, je suis très fier de constituer une «Bannière d’inspiration » certes petite, mais universelle pour les enfants et les populations du Cameroun, d’Afrique et bien sûr du monde entier, étant donné que j’ai de très nombreux supporters aux Etats-Unis, au Canada, au Brésil, en Argentine, au Chili, à Singapour, au Japon et en Corée du Sud.
Et enfin, j’éprouve beaucoup d’humilité, car il est certain que je ne pense pas que je mérite tous ces avantages… pour cela, je serai toujours reconnaissant et redevable à mes amis et à toutes les personnes bien intentionnées qui ont croisé mon chemin.
CRTV Online: Dr. SIMO, pouvez-vous dire à tous ceux qui nous lisent quelles sont les conditions d’admission au Programme de Sélection des Astronautes de la NASA ?
Dr. SIMO: En général, il existe deux filières par lesquelles l’on peut accéder au corps des astronautes. La première est celle des pilotes; ici, les candidats proviennent de la U.S Air Force(Armée de l’air) et de la U.S. Navy (la Marine), et jouissent d’une grande expérience dans le domaine du pilotage… ces candidats sont capables de piloter et de diriger une navette spatiale.
La deuxième filière est celle des spécialistes de missions… L’on y retrouve des candidats capables d’effectuer diverses expériences et des activités de soutien au cours d’une mission spatiale.
Pour être candidat, il faut généralement avoir certaines qualifications préalables, telles qu’un diplôme de l’Enseignement Supérieur à caractère scientifique, des connaissances en informatique ainsi qu’un sens pratique des réalités…D’habitude, à ce niveau, l’on a 3000 à 4000 candidats.
Le jury, qui se trouve à Houston, au Texas, étudie scrupuleusement les dossiers et les passe au peigne fin, en utilisant différents critères de sélection… Pour vérifier le cursus académique, l’on remonte même jusqu’à l’école primaire, pour s’assurer que votre évolution personnelle est «propre»…des centaines de candidatures sont rejetées à ce stade.
Ensuite, de nombreux entretiens avec le jury sont menés…et environ 100 candidats sont retenus et invités à Houston pour y subir des tests plus détaillés dans certains domaines tels que les sciences, les mathématiques, la physique, la culture générale, etc.
Par la suite, les candidats subissent une longue série de tests d’aptitude physique et psychologique ainsi que des examens médicaux. Toutes ces étapes, qui durent une semaine, sont couronnées par une interview d’une heure devant un jury. Dans mon jury, il y avait certaines personnalités du «bottin», en d’autres termes des poids lourds du programme spatial, à l’instar de l’ancien astronaute d’Apollo John YOUNG qui avait marché sur la lune au début des années soixante-dix.
Quelque 4 semaines plus tard, les résultats définitifs sont publiés… généralement, le nombre de finalistes est de 4 à 6 pilotes et de 4 à 6 spécialistes de missions, en fonction des besoins de la NASA, et du budget alloué à ce cycle particulier.
CRTV Online: Les deux fois où vous avez été finaliste de ce programme rigoureux de sélection des astronautes de la NASA, vous n’avez pas fait partie de certaines missions spatiales…
Dr. SIMO: Si j’avais été sélectionné en 1994, j’aurais pu faire partie du vol spatial de 2003…En 1994, j’ai été co-finaliste avec le Commandant Rick Husband et le pilote William Mc COOL, qui étaient des membres de l’équipage de la mission Columbia qui a connu une fin tragique le 1er Février 2003. Deux autres membres de cette mission (les spécialistes de mission Michael Anderson et Kalpana Chawla) avaient également été sélectionnés cette année-là.
CRTV Online: Certaines langues estiment que vous aviez été écarté parce que vous êtes Africain, Camerounais plus précisément. Qu’en pensez-vous ?
Dr. SIMO: Je ne pense pas qu’un jury de la NASA pourrait tenir compte de tels critères. Après tout, la NASA est l’une des institutions du monde les plus motivées par l’excellence. Donc, je pense que l’Excellence est réellement le critère clé de sélection … et en ce qui me concerne, un échec dans la vie n'est pas une Tragédie ... c'est plutot le manque d'effort qui est la vraie Tragédie dans la vie... Pour ces deux cas, en 1994 et 1996, j'ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour prouver à la face du monde que les Camerounais, les Africains, peuvent, en toute fierté, atteindre les plus hautes cimes dans tout ce qu’ils peuvent entreprendre…Et ceci, Claude, constitue la moralité de toute cette histoire.
CRTV Online: Avoir atteint la phase finale de cette sélection signifie que vous remplissiez certaines conditions académiques et professionnelles. Vous avez également eu besoin de l’aval des autorités politiques américaines. Pouvez-vous nous dire, de manière précise, qui sont ceux qui ont soutenu votre candidature ?
Dr. SIMO: Lorsque j’ai parlé du vaste réseau de soutien dont j’ai bénéficié, je pensais aux Sénateurs et aux Représentants qui ont écrit de très impressionnantes lettres de soutien à ma candidature. Je suis particulièrement reconnaissant à certains membres du Congrès américain pour le soutien qu’ils m’ont apporté. Il s’agit du Sénateur Bob KERRY du Nebraska, qui était alors président du Comité sénatorial Démocrate (il est actuellement à la retraite); des Sénateurs Ted KENNEDY et John KERRY du Massachussets ( Démocrate au Sénat); du membre du Congrès Charles RANGEL de New-York, (Démocrate à la Chambre des Représentants); du membre du Congrès William JEFFERSON de Louisiane (Démocrate à la Chambre des Représentants).
CRTV Online: S’agissant de la tragédie du 1er février 2003, quels étaient les membres de l’équipage que vous connaissiez personnellement, et avez-vous un hommage à adresser à ces héros tombés sur le champ de bataille ?
Dr. SIMO: Je connaissais le commandant de mission Rick HUSBAND et le pilote William Mc COOL. En 1994, nous étions co-finalistes au programme de sélection des astronautes…et nous avons passé une semaine à Houston lors des étapes d’évaluation et de sélection définitives.
Deux autres membres de l’équipage (Michael Anderson et Kalpana Chawla) avaient également été sélectionnés en 1994… cependant, je n’ai pas eu à les rencontrer. En tout, quatre membres de l’équipage de la mission Columbia ont été recrutés en 1994.
Quant à mes hommages…Eh bien…C’est difficile à résumer. Je vais simplement paraphraser Martin Luther KING qui disait que «la vie n’a pas de valeur si l’on n’a aucune cause pour laquelle l’on peut mourir»… Eh bien…Ces braves héros sont morts en réalisant leur rêve…et en luttant pour le mieux-être de l’humanité.
CRTV Online: Selon vous, quelles sont les éventuelles causes de la tragédie de la navette Columbia, et quel peut en être l’impact sur les initiatives de futures missions spatiales ?
Dr. SIMO: Les causes éventuelles: pour l’instant, la NASA ainsi que certains groupes d’investigation ont ouvert une enquête et sont à pied d’œuvre.
Toutefois, au début, le point focal de l’enquête a été l’aile GAUCHE de la navette spatiale : pendant le lancement, un éclat de tôle issu des fumées d’échappement de la navette a frappé l’aile gauche de l’engin. Les ingénieurs de la NASA et le personnel administratif ont recherché les causes de cet incident et ont conclu qu’il n’était pas suffisamment important pour causer une catastrophe.
Aujourd’hui, l’on sait que le problème qui est à l’origine de cet accident survenu à 16 minutes de l’atterrissage ce 1er février 2003 a commencé à se signaler sur l’aile gauche de la navette spatiale. La première thèse a été que l’incident survenu au cours du lancement a détruit d’importantes tôles de protection (conçues pour pouvoir supporter des températures allant jusqu’à 2.300 degrés F). Donc, au retour, la partie exposée de l’aile gauche était surchauffée, ce qui a provoqué l’accident.
Plus récemment, la NASA a estimé qu’il devait y avoir d’autres facteurs en jeu…et que la hausse de température sur l’aile gauche constatée juste quelques instants avant la désintégration de la navette n’est que la partie visible de l’iceberg…et non la cause réelle de l’accident.
Les prochaines semaines seront décisives pour ce qui est de la recherche des causes de cet accident : la NASA s’attelle encore à rassembler les débris éparpillés dans plusieurs Etats. La U.S. Air Force (Armée de l’air) a fourni des photos prises quelques instants avant le décollage qui seront d’une grande utilité, et de nombreuses simulations, par le biais de méthodes de régression sont effectuées, afin de remonter aux causes éventuelles de l’accident. Au cours des prochaines semaines, l’on devrait voir plus clair dans cette affaire.
Quant à l’impact de cet accident sur les futures missions spatiales… Après l’accident du Challenger en 1986, les navettes avaient été clouées au sol pendant des années. Des enquêtes minutieuses avaient été menées afin d’identifier les causes de l’accident, et avaient abouti à l’existence de problèmes O-ring et de températures extrêmement basses. Des solutions avaient été envisagées en vue de corriger ces erreurs par rapport aux futurs vols spatiaux.
Après l’accident du Columbia en 2003, des enquêtes ont été ouvertes qui, j’en suis sûr, permettront de corriger certaines erreurs. Toutefois, je ne pense pas que les engins de la NASA seront «cloués» au sol pour longtemps. Actuellement, nous avons une station spatiale internationale dotée d’une stratégie de «permanent-man in space» ( présence permanente dans l’espace). Cette station spatiale a besoin d’expansion et de maintenance. Les astronautes et les cosmonautes qui y vivent doivent être ravitaillés de manière régulière… ce qui fait qu’à court terme, les vols spatiaux doivent se poursuivre.
L’Agence Spatiale Soviétique s’est proposée de procéder au ravitaillement de la station spatiale grâce à des vols spatiaux automatiques…ainsi, les habitants de la station spatiale pourront être ravitaillés en toute quiétude jusqu’au mois de juin de l’année en cours. Entre-temps, la NASA aura bouclé ses enquêtes et se sera remise sur pied pour organiser de nouveaux vols spatiaux… Dans le cas contraire, des mesures d’urgence supplémentaires devront être prises avec l’assistance de l’Agence Spatiale Soviétique.
Sur la base des résultats de l’enquête sur la catastrophe du Columbia, des réformes pourraient être engagées, qui engloberaient des changements dans l’organisation des vols, des considérations budgétaires et une stratégie de remplacement des navettes spatiales par de nouveaux engins spatiaux .
Un large débat pourrait s’articuler autour des thèmes suivants: 1- pour ou contre les vols spatiaux automatiques, 2- la nécessité de renvoyer l’homme sur la lune, et 3- l’utilisation de la lune comme avant-poste pour de futures expéditions sur la planète Mars.
Une chose est certaine, c’est le fait que l’exploration spatiale va se poursuivre…l’exploration spatiale est tout simplement trop importante pour ne pas être entreprise. Cette nouvelle frontière offre une plate-forme plus vaste pour une meilleure surveillance et une meilleure gestion des ressources terrestres. Elle offre également un environnement «zero-G» dans lequel des percées considérables sont et seront effectuées. Ces percées continueront à affecter de manière profonde la vie quotidienne sur terre.
CRTV Online: Les astronautes sont-ils de super-hommes ? pourquoi même les cerveaux les plus brillants les vénèrent-ils ?
Dr. SIMO: Non, les astronautes ne sont pas des super-hommes. Ils viennent tous d’horizons divers comme vous et moi…ce sont des gens ORDINAIRES qui aspirent aux choses EXTRAORDINAIRES…qui sont totalement dévoués et très souvent désintéressés à cause des risques énormes qu’ils encourent lors des voyages spatiaux…Les gens les «vénèrent» parce qu’à l’instar des gladiateurs, des super-stars du sport et de la musique, ou des guerriers anciens…ils portent nos rêves et nos aspirations…et les gens peuvent s’identifier à eux…au destin commun de l’humanité…Vue de l’espace, la Terre N’A PAS de frontière , les gens N’ONT PAS de couleur, PAS de sexe, PAS d’âge, PAS de classe sociale, et PAS de religion…Nos «défauts sociaux» sont transcendés…
CRTV Online: Les astronautes sont des stars. Les médias nord-américains, camerounais et africains ont-ils jamais fait un gros plan sur vous ?
Dr. SIMO: Les médias américains me donnent ma part de gloire… C’est ainsi que le 3 février 2003, j ‘ai été invité en qualité de spécialiste par Radio WOL et le satellite XM qui arrosent tous les Etats-Unis, pour la couverture de la mission Columbia…j’ai répondu à des questions posées de par le monde entier, des questions très semblables à celles que vous me posez aujourd’hui, et j’ai eu à faire des commentaires sur les causes éventuelles de l’accident.
L’année dernière, en 2002, j’ai reçu un prix, et j’ai été honoré comme l’un des 50 Africains Américains les plus importants dans le domaine des Sciences et des Technologies ... et je donne régulièrement des cours aux Etats-Unis, au Canada, en Amérique Latine et en Asie du Sud-Est.
Malheureusement, je suis très peu connu au Cameroun et en Afrique, je voudrais donc saisir cette opportunité pour vous remercier, ainsi que la CRTV, de m’avoir accordé cette interview.
CRTV Online: Avez-vous inventé un produit tech, si oui, où est-il appliqué ?
Dr. SIMO: Oui, je suis l'un des pionniers dans trois technologies de pointe utilisées dans le monde entier aujourd’hui. En 1983, j’ai contribué à mettre sur pied, grâce au Hughes Network Systems, la technologie du Very Small Aperture Terminal (VSAT). J’ai procédé à l’installation du tout premier VSAT destiné à notre premier client (la Federal Express, à Memphis, dans le Tennessee). Puis, j’ai continué à développer et à enseigner des Programmes de Communication par Satellite, pour le compte de l’Université George Washington à Washington D.C. pendant plus de dix ans.
J’ai produit 19 communications techniques dans ce domaine, qui sont enregistrées à la Bibliothèque du Congrès de Washington, D.C. Actuellement, la technologie VSAT est utilisée dans le monde entier sous différentes formes.(Systèmes de satellites locaux, applications militaires, informations électroniques, réception TV directe par satellite, et GPS).
J’ai également innové dans le domaine du Code Division Multiple Access (CDMA) Technology actuellement utilisée dans les téléphones cellulaires dans toute l’Amérique du Nord, l’Amérique Latine et l’Asie du Sud-Est (il s’agit du concurrent de GSM utilisé en Europe et en Afrique).
Actuellement , je travaille sur des systèmes wireless de troisième génération, et sur des réseaux wireless basés sur ALL-IP (qui vont utiliser l’ IP - Internet Protocol - en vue de transporter toutes sortes d’éléments de communication: voix, image, données, vidéo de manière continue et parfaitement intégrée…indépendamment du temps et de l’endroit où l’on se trouve).
CRTV Online: Quelle place accordez-vous au Cameroun et à l’Afrique dans vos efforts de recherche ? L’Ecole Nationale Supérieure des Télécommunications, où vous avez dispensé des cours en 1979/80, pourra –t-elle bénéficier de manière spéciale de vos travaux ?
Dr. SIMO: J’accorde un grand intérêt à l’impact que peuvent avoir mes travaux sur le Cameroun en particulier et l’Afrique en général. Au début des années 1980, après le succès commercial de la technologie du VSAT, j’ai fait une proposition au gouvernement camerounais, dans laquelle je recommandais l’utilisation du VSAT pour la mise sur pied d’un Système de Satellite Local… relativement peu coûteux à l’époque.
Au début des années 1990, après le déploiement commercial du CDMA aux Etats-Unis, j’ai fait des propositions en vue de dispenser quelques cours à l’Université, à l’Ecole nationale Supérieure Polytechnique ainsi qu’à l’Ecole Nationale Supérieure des Postes et Télécommunications.
En 1999, lors d’une visite privée que j’ai effectuée au Cameroun, le directeur de l’Ecole Nationale Supérieure des Postes et Télécommunications m’a demandé de dispenser un cours aux étudiants. Ce cours a connu un succès éclatant, avec la participation de plus de 300 étudiants…J’espère que nous pourrons en avoir un suivi, et que nous pourrons prendre des mesures en vue de l’application de certains aspects technologiques dans ce domaine dans un proche avenir…
CRTV Online: Dr. SIMO, les meilleurs cerveaux Africains abandonnent le continent noir pour aller à la recherche d’un avenir plus brillant, et ne veulent plus être des martyrs une fois de retour au pays. Quel est votre sentiment à ce sujet ?
Dr. SIMO: Ceci est tout à fait vrai. A mon avis, il s’agit là d’une question à la fois troublante et complexe qui intègre trois facteurs. Premièrement, il faut prendre en compte les considérations personnelles (votre question s’intéresse surtout à ce facteur). Ici, il y a un grand nombre de professionnels et d’artistes qui veulent réellement rentrer au pays et contribuer de manière honorable à l’édification de la mère-patrie… deuxièmement, il y a des considérations internes(d’ordre politique), et enfin, des considérations géopolitiques externes qui constituent souvent des obstacles supplémentaires, au lieu d’être des incitations, aussi bien pour les universitaires formés au pays que pour ceux qui ont été formés à l’étranger.
J’espère que cette interview sera considérée comme une lettre ouverte aux universitaires africains exerçant à l’étranger et à leurs homologues restés au pays: qu’ils sachent qu’il faut lutter davantage pour une amélioration du sort du continent noir au moment où nous entrons dans «l’ère de l’information»… car, contrairement à la Révolution agricole et à la Révolution industrielle, la Révolution de l’Information permet aux Africains d’être des participants à part entière…Saisissons-donc cette opportunité et mobilisons-nous pour relever le défi.
CRTV Online: Dr. SIMO, pouvez-vous nous dire exactement qui est le Dr. Ernest SIMO ?
Dr. SIMO: J’ai vu le jour en 1956 à Bapa (petit village situé près de Baham-Bandjoun), dans la province de l’ouest Cameroun. J’ai suivi mon enseignement primaire à l’Ecole publique d’Ekoudou, au quartier Briqueterie à Yaoundé, où j’ai grandi. Par la suite, en 1966, je suis allé au Lycée Général Leclerc à Yaoundé où j’ai suivi mon enseignement secondaire, couronné par l’obtention du Baccalauréat série Mathématiques en 1974.
En 1975, j’ai obtenu une bourse d’études du British Council pour aller en Angleterre faire des études dans le domaine des Télécommunications. J’ai obtenu une licence en sciences à l’Ecole Polytechnique de Portsmouth, ensuite un Master en Télécommunications à l’Université d’Essex en Angleterre en 1979.
Je suis rentré au Cameroun en 1979, où j’ai exercé quelque temps en qualité de «Chef de Service des Transmissions» au Ministère des Postes et Télécommunications, et pendant une année académique, j’ai donné des cours sur «les Systèmes de Transmission et les Micro-ondes» à l’Ecole Nationale Supérieure des Postes et Télécommunications.
En 1980, je suis allé à l’Université de Birmingham en Angleterre, pour y faire une thèse de doctorat (PhD) en Génie Electrique (télécommunications) que j’ai soutenue avec succès en 1983.
En 1983, je suis rentré aux Etats-Unis, ayant été sollicité par le Hughes Networks Systems (à l’époque il s’agissait du MA/COM –DCC), afin d’apporter ma contribution à la mise sur pied de la technologie du VSAT.
Dans les années 1980, j’ai apporté de nombreuses contributions au développement de l’Industrie de Communications par Satellite, et j’ai dispensé des cours à l’Université George Washington (Continuing Engeneering Education Program).
En 1986, j’ai créé un cabinet d’ingénieurs conseil dénommé SPACE 2000, spécialisé dans le satellite international et le système de communication wireless. De 1986 à nos jours, j’ai continué à apporter des contributions importantes au développement des systèmes de communication wireless basés sur le CDMA.
En 1994, j’ai été le premier Africain à atteindre la phase finale du Programme de sélection des Astronautes de la NASA. J’ai réédité cet exploit en 1996.
Actuellement, je vis avec ma famille à Fairfax , en Virginie du Nord (à 45 minutes de Washington D.C) et je donne régulièrement des cours sur les Advanced Wireless Technologies ( Technologies Avancées de la Communication Wireless) aux Etats-Unis, en Amérique Latine et en Asie du Sud-Est.
CRTV Online:: Dr. SIMO, merci de nous avoir accordé cet entretien.
Dr. SIMO: C’est moi qui vous remercie, Claude.
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