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 Post subject: Re: Quand la langue traverse la rue Castor: politique,engagement
New postPosted: 23 Jul 2009 8:48 
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Madame Kala Lobé interpelle ce qu'elle appelle, elle aussi, la diaspora camerounaise. A l'occasion de la visite du Président camerounais à Paris.
Edifiante matière à échanges. Il y est question un peu de CIN. Organe plébiscité un temps par les Camerounais vivant loin du Cameroun. Le texte d'abord.

DOUALA - 20 JUIL. 2009 : Lettre à la diaspora


Mes  chères compatriotes et chers compatriotes,

Par votre activisme débordant mais pas toujours efficace vous  avez eu le mérite de faire monter à la surface de l’espace public un débat qui m’a toujours préoccupée depuis que je suis rentrée au Cameroun, il y a maintenant deux décennies:

c’est le décalage qu’il y a entre un pays fantasmé, que l’on voit tel qu’on le rêve, sans savoir si on veut transformer le rêve  ou le pays et le pays réel dans lequel vivent des millions de Camerounais, que nous à l’extérieur avons toujours cru ignorants, moins au fait que nous de leur réalité , du système dans lequel ils vivent que certains subissent et d’autres moins !

Ce qui a motivé la lettre, c’est la lecture de tous vos tracts dont le contenu dénonciateur aurait pu enflammer  les foules si le ton était plus juste et l’antienne moins ancienne. Si je crois à la fonction tribunitienne de la dénonciation, je suis fermement persuadée qu’il faut rapprocher  des faits   pour pouvoir gagner des millions de Camerounais à un combat pour que naisse un  Kamerun Nouveau.

Or il me semble en vous lisant que ce que vous dites du Cameroun est en décalage avec la réalité que j’observe. Que la manière dont vous caractérisez le régime de Biya me paraît plus mécanique qu’analysé.

Du coup, vos stratégies de combat passent à côté de la plaque révolutionnaire et ne vous permettent pas  de gagner l’adhésion des masses. Je sais que vous me rétorquerez que les masses sont abruties, assommées par leur sort, elles coupent sur le temps de la vie, pour ne pas être décalées de leur quotidien. Que la vérité vient  essentiellement  de vos analyses outre-Atlantique. Puisqu’ici, nous avons tellement le nez collé sur le guidon, que nous avons peine avoir les roues  tourner ! Du haut de la Tour Eifel, on peut voir les merveilles du Monde et la Tour de Pise a beau être en déséquilibre  permanent, ceux d’entre vous qui rament à Venise, Paris ou  Londres ont la prétention et les papiers qu’il faut pour  décrire le présent de l’Afrique et prévoir avec une voyance ultra lucide, ce que demain sera pour nous tous.  

J’ai envie de vous dire redescendez sur terre. Redescendez vite  les marches de la Tour Eiffel, écrasez avec vigueur vos lunettes grossissantes et regardons ensemble ce qui cloche dans votre démarche.

Je crois  qu’il vous faut dépoussiérer beaucoup de vos modèles. Plus que jamais vous devez reconsidérer vos paradigmes,  vos angles d’attaque. Car ce qui fait aujourd’hui la longévité de Paul Biya ce sont les erreurs tactiques et stratégiques de ses adversaires. Et ces  adversaires  ont comme point commun de ne pas voir le Cameroun pour ce qu’il est, tel qu’il est avec son potentiel et ses faiblesses. Non, ils le voient tel qu’il est vu à travers les mailles d’une  grille néo-tiers-mondistes, qui fit de la critique de l’impérialisme son cheval de bataille, sans savoir si l’impérialisme avait changé de forme et quelles incidences ces changements  ont provoqué dans le champ politique. 

Tout se passe dans vos récriminations comme si la  doctrine révolutionnaire s’était épuisée avec  MaoTséToung, Castro et même Engels. Comme si la structure du système économique n’avait pas engendré de nouveaux monstres obligeant les combattants à réviser leur approche et tactique.

A lire derrière vos invectives, vos colères et un peu votre désespoir, je  ne peux manquer de me rappeler ces années 70, où encore jeune lycéenne, toute pétrie de mon nouveau savoir marxiste, je donnais des leçons de lutte de classe à mes parents aristo-bourgeois, du haut de mes dix huit ans. J’avais la fougue, l’aveuglément et naturellement la mé-connaissance de la jeunesse. Mais je prenais mon ignorance pour du savoir absolu.

J’avais  l’utopie savante et la critique  dogmatique,  forcément  convaincue de détenir la vérité pour sortir l’Afrique des miasmes du sous-développement.

J’avais alors sous-estimé la puissance de la propagande blanche et à quel point celle-ci nous avait soumis à un lavage de cerveaux, y compris, nous qui nous croyions révolutionnaires. Il me faudra rentrer pour comprendre dans quelle torpeur  intellectuelle nous avait condamné l’arrogance de nos certitudes  et  saisir la manière périphérique que nous avions d’aborder la question du changement sur le continent.

A l’époque, je savais qu’il y avait une imposture quelque part, mais je ne savais pas exactement où la situer. L’imposture c’était notre manière décalée et attardée de voir l’Afrique : nous ne la voyions pas comme un continent, un tout complexe, mais  comme un état gouverné par des « présidents fantoches et dictateurs, à la solde de l’impérialisme  dont la réalité s’arrêtait aux portes de leur palais, aux murs des prisons et aux cris des militants mutilés ».  

Nous avions réduit l’Afrique à un seul schéma, sans chercher à comprendre quelles étaient ses dynamiques propres, de manière à travailler sur sa capacité   de changer et sur les dynamiques sociales qui la font encore tenir debout. Nous étions de cette cécité que donne l’assurance de ceux et celles qui sont convaincus d’être au centre du savoir.  

Mais qu’en était-il de nos faits de luttes ? Quels combats avions nous mené en France à Londres aux Etats-Unis, pour prétendre enseigner aux autres une manière de se battre ?

Mes chers  compatriotes  et chères compatriotes  de la diaspora,  je retrouve dans votre hargne, ma rage de jeunesse et dans vos mots ma suprême arrogance. Je ne vous en veux pas. Mais, il faut que nous avancions. Il faut réellement que le pays change. Pour cela nous avons besoin  de vous, avec plus d’intelligence que celle que vous manifestez aujourd’hui. Nous avons  besoin de vous avec plus d’humilité et un sens aigu de l’analyse.

Nous avons besoin de vous pour un front  de lutte mieux articulé sur des programmes fondés  sur une appréhension juste de  ce que nous sommes aujourd’hui. Et non pas  ce que l’on nous a fourgué comme idéologie de contrebande en guise et place de toute stratégie révolutionnaire.  

Chers compatriotes et chères compatriotes,  depuis combien de temps n’avons nous pas eu de penseurs révolutionnaires ? Depuis que Marx a écrit le Capital combien d’entre vous ont prêté leur connaissance à l’élaboration de nouvelles doctrines ? Combien d’entre vous, ont fouillé les entrailles de l’Afrique, pour en tirer la substantifique moelle ? Peu bien peu. Non, vous vous intéressez aux strass et aux paillettes. Aux palais et non aux paillotes. Aux côtés spectaculaires de la politique. Le visible. Le risible. Le grotesque. Aux lampions qui font briller le déplacement d’un chef d’Etat à Paris. Vous croyez donner de l’importance à un fait qui n’est que l’aboutissement d’un long processus : pourquoi n’avez-vous pas empêché le Premier ministre français à venir préparer la visite  de Paul Biya le  21 juillet 2009 ? Pourquoi n’avez pas déclenché une grève de la faim, dès l’instant où vous saviez que les Accords de défense entre le Cameroun et la France  avaient été modifiés ? Pourquoi n’avez-vous pas hurlé et réprimandé sèchement Nicolas Sarkozy sur l’Etat de sa politique en Afrique ?

 Chers compatriotes  et chères compatriotes, manifestez ! Exprimez-vous ! Mais  n’oubliez pas de réactualiser  vos paradigmes et soyez un peu plus imaginatifs ! Allez piocher dans votre intelligence les réserves de créativité qu’il faut pour changer la donne en Afrique. Fouillez un peu mieux dans vos littératures pour trouver la traçabilité qu’il faut à un projet révolutionnaire.

Maintenant si vous vous ennuyez et si le pays vous manque : sortez de vos HLM ou vos appartements bourgeois. Ne vous laissez pas asphyxier par la fumée nostalgique des plats -pays. Rompez avec vos habitudes d’immigrés.  Prenez un billet d’avion tous les trois mois et venez réfléchir  avec nous à la meilleure stratégie pour sortir le pays  des griffes de tous les imposteurs.

Je sais que vous saurez me lire et je voie déjà vos objections. Mais ça ne fait rien : j’attends : je suis disposée au débat.

Votre serviteur E (je tiens à cet E, final).  La chroniqueuse 


© Suzanne Kala Lobé, La Nouvelle Expression


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 Post subject: Re: Quand la langue traverse la rue Castor: politique,engagement
New postPosted: 23 Jul 2009 9:47 
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Chère Madame,

Perpétue ou l'habitude du malheur, le titre d'un ouvrage dont vous connaissez sans doute très bien l'auteur. Perpétue ou l'habitude du malheur. Mongo Beti. A lui j'ai pensé à tout détour de votre lettre. A lui, parce que le sujet dont vous saisissez vos compatriotes expatriés semble se condenser dans ce titre. Le Cameroun, notre cher pays, vu, par ses enfants vivant ailleurs, comme la capitale du malheur. Et les enfants, à la recherche de solutions au malheur, de compétir pour...le statu quo, quand ils penseraient proposer, suggérer, inventer, recréer.

Cet auteur italien aussi, saisissant dans sa démarche, sa vie peut-être aussi, qui fit l'éloge de sa haine du pays natal: Giacomo Leopardi. Ce que très peu de Camerounais, même ceux pour qui l'asile politique fut le recours pour s'installer durablement quelque part en Occident, expriment. Mais la haine du pays natal, non pour en juger des expressions diverses, ni même parce que celles-ci seraient bien ou mal fondées en l'espèce, simplement pour ses charges de créativité. Oui, la haine du pays natal, cela pourrait être une voie d'exploration plausible de l'avenir d'un pays natal. Vous parlez des littératures, avec le respect qu'elles surent forcer dans la Cité, pour inviter à refonder, à imaginer, à trouver les regards nouveaux qui sachent sauver notre terre. Et pour cela, cette masse qui se meut, qui pour vous se meurt en quelque sorte aussi, à être toujours loin du compte, cette masse là se reconnaitrait à ce caractère dominant de son expression: elle claudique, se prétendant d'allure équilibrée, et racée même pourtant; elle bafouille son parler, n'ayant de cesse de le croire cristallin et solidement charpenté; elle devine des formes indéfinissables, pensant là détenir la précision de compréhension des meilleures expertises.

La haine du pays natal. Chère Madame, ce regard là, qui engloberait d'emblée tous les Camerounais loin du Cameroun, indifférent à des facteurs structurants aussi variés que le pays d'accueil et les possibles qu'il offre de nouer de manière épanouie ou étriquée un lien recréateur avec soi-même, et son pays natal; des facteurs du modèle du parcours individuel dans les sociétes, les cultures rencontrées, une telle indifférenciation pourrait-elle nourrir autre chose que le mal même qu'elle voudrait déjà dénoncer? Toute approche totalisante ne se suffit-elle pas à elle-même? Mongo Beti a-t-il jamais appartenu, même un temps, à ce que vous nommez diaspora pour vous? Qu'avait-il alors de commun avec l'étudiant Ferdinand Oyono? Cette interrogation pour aborder plus en avant de votre interpellation: quelles chances les Camerounais de l'extérieur galvaudent-ils, à entretenir les refrains, décalés de l'humeur majoritaire du pays, des antiennes qu'ils apprennent de leur terre natale dans leurs pays d'adoption?


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 Post subject: Re: Quand la langue traverse la rue Castor: politique,engagement
New postPosted: 24 Jul 2009 2:50 
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c’est le décalage qu’il y a entre un pays fantasmé, que l’on voit tel qu’on le rêve, sans savoir si on veut transformer le rêve  ou le pays et le pays réel dans lequel vivent des millions de Camerounais, que nous à l’extérieur avons toujours cru ignorants, moins au fait que nous de leur réalité , du système dans lequel ils vivent que certains subissent et d’autres moins !

Ce qui a motivé la lettre, c’est la lecture de tous vos tracts dont le contenu dénonciateur aurait pu enflammer  les foules si le ton était plus juste et l’antienne moins ancienne. Si je crois à la fonction tribunitienne de la dénonciation, je suis fermement persuadée qu’il faut rapprocher  des faits   pour pouvoir gagner des millions de Camerounais à un combat pour que naisse un  Kamerun Nouveau.


Ah, chère Madame, le décalage, une fois accordés sur ce que le terme diaspora pourrait contenir de complaisant avec le souci de précision, de la nuance prospère, le décalage des vues entre les Camerounais vivant à l'extérieur et la crudité des données sur place, la consistance effective des mentalités, des donnés du cru. Une émission de la CRTV, Scènes de presse pour ne pas la nommer, rediffusée la semaine dernière, dimanche, invitait, à côté de deux journalistes de la presse privée, une personne présentée comme diplômée de sciences politiques, vivant à Paris, membre du RDPC et représentant le president de la Section RDPC France Nord. Sans s'attarder outre mesure sur la gêne toujours ressentie à l'évocation de titres, de qualités, de prétentions dont il est le plus difficile de vérifier le fondement, à moins de se muer, pour le journaliste, pour les besoins de l'émission, en fin limier, déjà la suite s'appréhendait. L'observateur quelque peu habitué de certains milieux camerounais de France, n'ayant jamais entendu parler ce monsieur, encore moins de lui dans les premiers cercles du RDPC de France Nord,pouvait craindre que l'image de la section RDPC France Nord aille, là, courir un risque, et pas des moindres.

C'est qu' en France, l'avantage est dans ce que quelques années dans les allées du métro et une fréquentation de BHL, d'Alain Duhamel, et de Jeune Afrique vous permettent très aisément de donner le change au Cameroun. Cela est le plus étonnant, Madame. Si les choses possédaient cette clarté, cette simplicité là, dont vous usez pour camper le Cameroun de l'intérieur et celui de l'extérieur, tout antagonistes l'un à l'autre, cette collusion dans l'erreur de jugement de ce qui arrive d'ailleurs, cette complicité dans la fabrique des faux doctes entre les média camerounais de tout bord et des crieurs culottés serait peut-être bien l'occasion d'un bémol à votre propos de fond:"vérité en-deçà du triangle national, erreur au-delà".

L'émission traitait de la levée de l'immunité parlementaire d'un député qui depuis aurait fait valoir son droit d'aller et demeurer hors du Cameroun, Ambassa Zang. Elle évoquait aussi le voyage de Paul Biya en France. Notre diplômé de Sciences po, qui avouait déjà, à sa première prise de parole, être conseiller municipal à Yaoundé, et "acteur économique", le titre dont CRTV allait le poursuivre l'émission entière, était pour nous la caricature même de ce qui se donne à voir à Yaoundé, venant de France surtout. Sans doute est-ce cette caricature-là qui vous inspire cette lettre, Madame. Eloi Bidoung était fat, inconsistant, ailleurs, chaussé de magnifiques lunettes à monture dorée au-dessus de laquelle il jettait ses yeux pour asséner les banalités les plus approximatives, et accréditait sans appel possible l'idée qu'un certain Cameroun de l'extérieur se compose d'imposteurs achevés.

Simplement, Madame Kala Lobé, "tout flatteur vit aux dépens de celui qui l'écoute"...


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 Post subject: Re: Quand la langue traverse la rue Castor: politique,engagement
New postPosted: 31 Jul 2009 6:06 
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Une réponse publiée, la meilleure jusqu'ici, à notre sens, en qualité, en profondeur. Au-delà du premier paragraphe, exemplaire de lourdeur du style, du fond solide, des convictions, du talent surtout. Quelques coquilles éliminées.

Quote:
Réponse à Kala Lobé - Camerounais de la diaspora : Prolégomènes à germination
« Réplique aux attaques de Suzanne Kala Lobe, journaliste Engagée par le Cameroun »

Chère Madame,

Vous voilà donc prise au piège de la notoriété ! Vous faites la « une » de la majorité des sites camerounais sur le net et je pense qu’aussi grande tribune internationale ne vous fut pas acquise à ce jour, et ce, depuis vos débuts de carrière journalistique.
J’avoue avoir longtemps hésité à apporter mon apostille à votre déjà longue liste de contradicteurs, preuve s’il en est qu’il existe des personnes qui ne s’inspirent pas que de leur vécu bi-décennal en Occident pour se prévaloir d’un regard critique, bien contemporain celui-là sur les réalités du monde. Permettez-moi, Madame, de faire ici votre apologie. Celle de l’invective, celle de l’amalgame, celle de la fatuité gratuite qui vous laisse à croire que votre propre et unique expérience suffit à porter un jugement superficiel sur une multiplicité de représentations, telles celles des personnes de la diaspora que vous désignez d’une tirade, d’un doigt stigmatisant, d’une dextre générique, d’une œillade putative.
Je me permets par le fait de vous rappeler les bases de la profession que vous exercez, à savoir l’impartialité, le discernement, la quête de justesse dans les mots ; autant de pré-requis qui vous semblent aujourd’hui peu familiers. Vous faites défaut à l’une des règles de l’analyse qualitative et de la sociologie afférente, qui postule de vérifier vos sources d’une part, et de ne point faire de généralisation. Vous savez sûrement que depuis vos humanités, d’autres corpus philosophiques ont émergé et la longue marche de la raison vers son plein accomplissement à travers l’histoire suit son itinéraire diachronique, selon la trame dialectique Hégélienne. J’ai longuement hésité, disais-je ? Oui ! Pas tant cependant que ma longanimité se limitât au crépuscule de votre palimpseste et que ma conscience s’éclairât de ces quelques phonèmes afin d’éteindre votre errance doxologique.

Car je me suis interrogé sur vos réelles motivations et sur les différents paradigmes à travers lesquels vous regardiez à la fois l’Afrique, le monde et plus spécifiquement le Cameroun.

Commençons par l’Afrique, avec votre permission, et évoluons vers le Cameroun d’où, je suppose que vous avez rédigé cette « lettre à la diaspora ».

Dans les années qui ont suivi la deuxième guerre mondiale, les contractions multiples dues au développement de l’esprit des peuples ont permis l’apparition de leaders charismatiques dont les noms resteront pour longtemps dans l’histoire des peuples du Sud en quête de liberté. Ainsi, a-t-on vu émerger des héros légendaires tels Patrice Lumumba, Ruben Um Nyobe, Félix Moumié, Osende Afana, Kwame Nkrumah etc…, et aussi des vassaux de l’impérialisme colonial puis néocolonial à l’instar des Mobutu Sese Seko, Houphouët-Boigny, Ahmadou Ahidjo, Omar Bongo, j’en passe et d’autres. Vous parliez de rhétorique anti-impérialiste liée à votre déformation de jeunesse ? Eh bien, quoi que vous vous en dédisiez aujourd’hui d’esprit élusif, vous étiez dans le vrai car c’est bien de domination qu’il s’agissait.

Dans la foulée de l’esclavage, les puissances coloniales ont bel et bien livré des guerres impérialistes aux nationalistes (dont le Napalm utilisé dans l’Ouest du Cameroun) et placé à la tête de la plupart des Etats d’Afrique noire et blanche y compris, des dirigeants corruptibles à la solde des intérêts français, dont la seule préoccupation était la survie même de l’ex-métropole, à moins qu’ils n’en fussent l’idéologie même. En Tunisie, Habib Bourguiba, président du parti du Néo-Destour fut détenu en France à l’île de Groix, puis transféré le 17 juillet 1954 à Amilly, près de Montargis. Il rentra ainsi en triomphateur dans son pays et le 20 mars 1956, la France reconnut solennellement l’indépendance de la Tunisie, mettant un terme au traité signé le 12 mai 1881. Au Maroc, la France tergiversa avant d’opter pour le choix de Mohammed V, père d’Hassan II à la place du sultan Ben Arafa et le Maroc put ainsi obtenir son indépendance.

En réalité, dans ces années tumultueuses de luttes contre l’impérialisme occidental, se perpétuaient des guerres coloniales et des résistances légitimes dont la finalité consistait dans l’humanisation de l’action politique. De quoi parlons-nous ? Nous parlons ici d’une époque où le monde était bipolaire et dominé par des idéologies antithétiques.

D’un côté l’Occident dominé par le bloc de l’OTAN créé en 1949 à Washington, dont l’idéologie émancipatrice était moins axée sur l’homme (malgré son discours apologétique) que son asservissement au diktat de la marchandisation. Ce monde-là avait colonisé et dominé l’Afrique depuis le 15è siècle et prolongé cette domination au prix de deux guerres dont la dernière avait sonné le point d’orgue d’un partage des rogatons dont faisait partie l’Afrique. Cette dernière devenait ainsi le pré-carré d’une puissance qui, par son ralliement au camp des vainqueurs sous la houlette d’un général certes opportuniste, mais criminel (à travers Jacques Foccard, son exécuteur de basses œuvres), allait asservir l’Afrique jusqu’aux indépendances arrachées de haute lutte par les Africains.

De l’autre côté, à l’Est, se développa une idéologie politique prétendument axée sur l’homme, plus exactement sur sa capacité à pouvoir régir la société au profit de tous. Utopie qui viendra de la dictature du prolétariat que Karl Marx avait envisagée pour une société plus humaine dans « Le capital ».

A cette époque-là se combattaient deux visions du monde au sein desquelles, jeune étudiante que vous étiez, ne pouviez opposer d’analyse critique. Vous deviez choisir et le choix fut vite fait, dominé par la pesanteur de la propagande qui régna au sein des deux blocs jusqu’au moins en 1989, date de la chute du mur de Berlin. Vous défendiez l’homme et vous étiez dans le vrai. Ainsi, faute de mieux, plusieurs idéalistes de l’époque furent obligés de s’allier à un socialisme utopique à la Fourier, ou au matérialisme historique de Marx qui devenait la référence analytique des esprits critiques. Dans cette perspective, Marx prolongea la dialectique de Hegel en postulant que le développement de la raison à travers l’histoire se manifestait par la lutte des classes, induisant de fait ce qu’il qualifia de matérialisme historique opposant facteur et moyen de production.

En vous lisant, Madame, je constate que vous êtes en train de faire aujourd’hui, à votre âge, la synthèse du dualisme qui vous a longtemps perturbée et que certains qualifieront de schizophrénie (je n’irai pas jusque là) car je tiens à rester objectif dans ma démarche.
Cependant, votre analyse (qui je l’espère pour vous, est amenée à évoluer) vous amène à transposer votre propre névrose à une communauté aussi disparate que celle de vos compatriotes de la diaspora. Si vous vouliez choquer, alors votre pari est réussi. Si ceci est un défaut de précision de votre part, le reconnaître vous dédouanerait en partie.

Car voyez-vous, vous confondez beaucoup de faits sociaux. Pour qui a lu Emile Durkheim, le père de la sociologie qualitative en France, on sait les positions sociales ne sont jamais les mêmes d’un individu à un autre, y compris au sein d’une même famille qui a reçu la même éducation. A plus forte raison dans une diaspora au sein de laquelle se côtoient aussi bien étudiants, entrepreneurs, que professeurs, médecins, aventuriers, chercheurs de vie, gueux, oisifs, arrivistes et autres. Vous avez vécu en Occident, vous le savez : IL N’Y A PAS PLUS DIFFERENT D’UN NOIR QU’UN AUTRE NOIR EN OCCIDENT ! Et pour causes !

Les itinéraires qui conduisent à la lumière sont fort divers et les individus font leur choix en fonction de leur rationalité. Rationalité limitée par excellence, comme le rappelaient en 1958, James March et Herbert Simon dans « Organizations ». La rationalité limitée est due aussi à l’éducation de base de l’individu, cependant, quelle qu’elle soit, elle formera toujours son système de pertinence, pour emprunter à Alfred Shutz dans « Le chercheur et son quotidien ».

En conséquence, lorsque vous vous posez en procureure de la diaspora dans son ensemble, j’ose vous laisser le bénéfice que vous faisiez allusion à certaines personnes que par subtilité calculée ou machiavélisme pusillanime, vous vous évertuez à ne point nommer. Quoi qu’il en soit, par votre généralisation, vous faites référence à des parcours et des aspirations fort différentes d’un individu à un autre. Qu’y a-t-il de commun en effet entre un homme dont la seule aspiration est le gain financier et un autre dont la quête du savoir serait l’ultime accomplissement ? Il me semble aussi que les raisons de départ d’un individu se heurtent bien souvent à des considérations tant existentielles que conjoncturelles.

Cependant, plutôt que de les différencier, je vais leur trouver un point commun : l’EXIL.

Qu’on se le dise, Madame, AUCUN EXIL N’EST VOLONTAIRE ! L’immigré en se déplaçant, perd ses repères ; ce que Pierre Bourdieu appelle l’ « Habitus » ou somme de représentations mentales qui se construisent au fur et à mesure de son évolution dans un contexte culturel donné : Il se déculture. Vous prenez le « Pirée pour un homme » en vous obstinant à voir la diaspora comme un seul membre prêt à rédiger des tracts, ou à scander des injures et autres exhalaisons vindicatives. Essayez au contraire de comprendre les raisons de leur exil. Pour ne prendre que le cas de la France, une enquête de l’INED de 2004 a démontré qu’en France ¼ des immigrés ont un niveau d’enseignement supérieur. Comment, expliquer alors cet afflux massif d’immigrés pour les pays occidentaux, y compris les immigrés peu instruits dont le capital culturel est au moins équivalent au capital économique ?
Le régime anthropoculturel que l’humanité a connu depuis le néolithique a plus été marqué par la sédentarité que le nomadisme. Les seules exceptions à cette donne anthropologique concernent les traites arabe et transatlantique, et plus récemment, depuis la fin des années 70…l’immigration. Ne remarquez-vous pas, Madame, que les flux migratoires dont nous parlons suivent à peu près tous le même trajet ? A savoir du Sud vers le Nord ?

A moins d’un fantasme consubstantiel à leur innéité, il me semble aisément facile d’en comprendre les raisons : elles sont d’ordre politique ! Je parle de politique au sens large, c’est-à-dire prise sous l’acception aristotélicienne de gestion globale de la cité, y compris sa gestion économique.

La plupart des Africains (à l’inverse de vous, je nuance ma désignation par un réductionnisme méthodologique), quittent l’Afrique, faute de perspectives dans leurs pays d’origine !!!
Perspectives décentes ou perspectives de vie, projection vers un mieux-être dans tous les cas, amélioration de leur condition humaine, qu’on se le dise ! Alors, je vous le demande : LA FAUTE A QUI ?

Bien loin de l’utopie néo-tiers-mondiste à laquelle vous vous référez pour justifier l’échec des adversaires politiques de Paul BIYA, je vous oppose un déficit de sens politico-social quant aux réelles quêtes d’existence de personnes en mal de vie sur lesquelles l’incandescence de la vérité mérite que l’on s'attarde un instant ! Juste une infime fraction de conscience !

• Je parle ici de millions d’hommes et de femmes qui vivent au Cameroun et dans la plupart des pays d’Afrique sans couverture maladie, au sein d’un continent qui compte plus des 2/3 des malades du SIDA déclarés à ce jour,
• Je parle de millions d’hommes et de femmes dans leurs cadres gouffres de paupérisme vivotant au gré des marées entre boues et maladies,
• Je désigne ici les diplômés africains de plus en plus nombreux au chômage dont les seules perspectives consistent dans des travaux du secteur primaire qui représentent encore plus de 80% de la production économique dans les pays d’Afrique subsaharienne,
• Je vous parle Madame, de millions de personnes espérant, à l’aube de chaque mois, un simulacre de vie sous la forme de mandats Western Union, Money gram et autres de leurs fils, filles, cousins et maris en Occident, (d’ailleurs avez-vous seulement remarqué combien le nombre d’agences de ces organismes de transferts monétaires fleurissent dans tous les pays pauvres) ?
• Je vous les montre, ma sœur, nos (vos) sœurs, obligées de se prostituer sur un nouveau médium issu de la technologie et des aides étrangères aux pays pauvres, qui n’ont qu’une seule aspiration : trouver l’homme blanc qui les sortira de la misère, de la mendicité dans leurs pays d’origine qu’autrement elles ne souhaiteraient quitter,
• Je vous parle de vos enfants, Madame, dont vous détournez les yeux, derrière vos vitres teintées quand ils viennent vous proposer des appareils électroniques à moindre coût chapardés ou subtilisés après un cambriolage sanglant au sein d’une famille modeste de Ndokotti,
• Je parle de ces 40% de camerounais qui, selon des enquêtes officielles de l’Institut National de la Statistique, vivent sous le seuil de pauvreté, à savoir, avec moins de 738 FCFA par jour . explosant le nombre de camerounais sous le seuil de pauvreté,
• Je vous parle ici de la situation réelle d’un pays après plus de deux siècles de gouvernance politique et de gérance économique par un seul et même homme, notre président Paul BIYA dont le bilan comporte bien plus de passif que de crédit ; c’est un constat évident, indubitable.

Non, il ne s’agit pas d’anti-impérialisme primaire ! Encore moins de délit d’intention ou de haine viscérale de notre président. Votre paresthésie scélérate vous occulte la vision de la hardiesse de notre affliction et la cime des désespérances du peuple que vos côtoyez quotidiennement. Il s’agit d’objectivité, de lucidité et de pragmatisme. Parlons-nous de pragmatisme ? J’y viens.

Voyez-vous, Madame, quand vous parlez de la diaspora africaine, et camerounaise en particulier, vous ne faites pas qu’un amalgame, vous sacrifiez aussi à de la supercherie intellectuelle
Quand vous parlez de journalisme, vous vous posez à la fois en défenseure des errements d’un régime qui a fait faillite, mais aussi en procureur d’une miscellanée de représentations dont le socle est l’aspiration à un eudémonisme de la rationalité. Posez-vous cette question : pourquoi une telle récrimination de notre président en provenance de la diaspora ? Par cette seule question, vous en apportez déjà une réponse ! Je m’explique !

Beaucoup de Camerounais de l’étranger ont eu l’impression qu’on les dépossédait de leur pays. Souvenez-vous de la fermeture de la CAMAIR. Quand notre compagnie aérienne a éteint ses lampions, les Camerounais de l’étranger ont ressenti un profond désarroi. Le brin de fierté nationale qui nous restait s’est volatilisé comme la rosée aux premières lueurs des laudes. Quand notre équipe de football perd, c’est un deuil dans toutes les familles possédant au moins un membre d’origine camerounaise. Et pourquoi donc cet attachement à un pays que l’on a quitté ? La raison en est simple : LES CAMEROUNAIS DE LA DIASPORA ADORENT LEUR PAYS ! D’entre tous, beaucoup en sont partis parce que obligés, voire contraints par les mauvaises conditions économiques diligentées par les politiques de régulation orthodoxes, elles-mêmes imposées par la mauvaise gérance de nos deniers publics !!! Ces politiques inefficaces dont le fondement a été le clientélisme (dont en passant vous semblez faire preuve), le népotisme, l’exacerbation du tribalisme, la gestion politicienne des différentes composantes ethniques du Cameroun par le chef de l’Etat, la mauvaise affectation des produits de la croissance qui s’est fortement contractée dès 1987 (-2,7% en 1987, -6,88% en 1988) et qui oscille entre 3,3 et 5,3% depuis 1995 jusqu’en 2008 , la dévaluation de 1994 (ici encore, contrairement à plusieurs analyses, fort est de constater que les politiques économiques furent inadaptées, nous privant des leviers de relance par l’investissement productif et le désengagement de l’Etat du secteur productif), les évasions monétaires vers les pays riches, la fuite des capitaux, etc…La liste serait pléthorique et je me luxerais le bras à force d’énumération. Vous ne me ferez quand même pas croire que vous êtes aveugle au point de penser que les Camerounais, fussent-ils de la diaspora ou du Cameroun, en sont les responsables !!!
Votre analyse souffre aussi d’une absence criante de visibilité sur les changements conjoncturels et géoéconomiques qui s’opèrent sous nos yeux.

Certes, sous le régime Biya, il y a eu des avancées dans la défense des droits de l’homme et nul doute que la libéralisation des médias y a contribué. Il y a aussi eu le multilatéralisme initié par des coopérations de plus en plus importantes avec des pays tels la Chine, voire les USA, la sous-région avec la CEMAC. Il ya même eu une croissance soutenue depuis 1995 sur le plan économique, mais je vous le demande : combien de rapports transparents sur les lois de finances et sur les bilans ont-ils été diffusés ? Il y a eu des projets, beaucoup de projets dont l’un des derniers en date que j’ai pu consulter depuis la France : celui sur l’impact environnemental de l’installation de la fibre optique entre le Tchad, le Cameroun et la Centrafrique. Savez-vous que de tous ces projets, aucun n’a fait l’objet d’un audit indépendant à ce jour ? Sans parler des passations de marchés publics qui se font de gré à gré dans l’opacité totale en enfreignant les règles de la concurrence. Quant à l’opinion publique, l’on en fait très souvent moindre cas en Afrique et vous le savez. D’ailleurs existe-t-elle seulement ?

A qui croyez-vous donc donner des leçons, chère Madame, sous le paravent argutieux d’un anschluss épistolaire ?

En ma qualité de membre de la diaspora depuis deux décennies, et faisant fi de quelque appartenance à un mouvement nationaliste, je clame ceci haut et fort, afin que nul depuis sa case en terre battue des forêts équatoriales n’en doute :
• Beaucoup de Camerounais de la diaspora aiment leur pays !
• Le Camerounais de la diaspora ne passe pas son temps à admirer la Tour Eiffel, mais en veut une chez lui !
• Le Camerounais de la diaspora rechigne à quitter son pays si son pays lui permet de le servir !
• Le Camerounais de la diaspora est fier d’être Camerounais et défie quelconque autre Camerounais de lui dire ce qu’il doit faire et les choix qui sont les siens !
• Le Camerounais de l’Occident ne rêve pas des Champs-Elysées, il est dépité qu’il n’y en ait pas d’aussi beaux chez lui !
• Le Camerounais de la diaspora ne rêve pas, ne fantasme pas sur l’Occident : IL VEUT QUE SON PAYS SOIT A L’IMAGE DU MONDE MODERNE, VOIRE MIEUX QUE L’OCCIDENT, ET QUE LE MONDE REVE DE SON PAYS : LE CAMEROUN !
• Le Camerounais de la diaspora ne veut pas faire de politique, ni de géopolitique, encore moins de tourisme inter HLM : IL VEUT RESTER ET TRAVAILLER CHEZ LUI !
• Le Camerounais de la Diaspora ne manifeste pas contre SARKOZY car son pays de cœur ce n’est pas la FRANCE, c’est le CAMEROUN !

Vous venez là d’insulter, de votre verbe outrancier, toute une frange de la communauté camerounaise qui n’a jamais jugé les Camerounais de l’intérieur, et qui contribue chaque mois au développement de son pays. Avez-vous estimé, Madame, ce que représentent les flux financiers annuels des Africains immigrés vers leurs pays d’origine ? Vous seriez bien étonnée de savoir à quel point cette manne sert aux détournements auxquels se prêtent bon nombre de pontes et autres nantis du sérail dans nos pays d’Afrique dont l’intérêt se trouve bien loin du retour téméraire de quelques héroïques patriotes très tôt préposés à la famine, à l’avilissement, à l’intimidation et au final à l’annihilation des velléités séditieuses.
Inutile donc, de nous inviter au Cameroun puisque nous y sommes régulièrement et dans des fréquences plus grandes que celles que vous indiquez dans votre article. C’est bel et bien de sens qu’il s’agit, d’alternative à des échecs multiples et répétés que beaucoup de Camerounais déçus du Biyayisme s’attaquent. Alors, ne perdez pas de vue qu’en tout conflit, il y a un objet de conflit et c’est sur le différend que nous devons nous recentrer. Autrement dit, pourquoi autant d’Africains et plus spécifiquement de Camerounais quittent leurs pays pour endosser le qualificatif peu glorifique de membres de la diaspora ? La réponse, à mon sens, est toute trouvée : IL Y A EU ECHEC POLITIQUE ! Et le dire n’est une insulte pour personne. D’être aujourd’hui classé parmi les PPTE (Pays Pauvres Très Endettés) avec une dette de plus de 20 milliards d’euros en 2005 pour un PIB d’environ 25 à 30M$ (estimé pour 2008), (soit plus de 80% des richesses produites chaque année sur vingt-sept ans au pouvoir de son président), pour un pays qui avait en 1970 un PIB équivalent à celui des pays médians, n’est un adjuvant de fierté pour aucun d’entre nous. En nous divisant, vous contribuez à affaiblir notre flamme émancipatrice, notre ardeur érectile, notre collégialité productive. Cependant, vos multiples arguties ne nous dispenseront nullement de poursuivre notre idéal démocratique, progressiste et notre liberté de penser, tenez-vous le pour dit !

Salutations peu cordiales,

Henri Georges Minyem
Enseignant, Ecrivain, Chercheur en sciences sociales EHESS-PARIS
http://www.georgesminyem.com
http://www.facebook.fr/georgesminyem

Publié le 28/07/09 à 08:06:39



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 Post subject: Re: Quand la langue traverse la rue Castor: politique,engagement
New postPosted: 30 Oct 2009 8:22 
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Joined: 31 Jan 2002 20:00
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Ces portes qu'à nos nez on claque/ Bon Dieu sont autant de claques/Quand il y en a pour qui on les ouvre/Ceux qui ne cherchent pas mais trouvent/Le pain, le vin, dont ils n'ont même pas besoin/ Le pain, le vin, dont d'autres ont tant besoin/ Pendant que certains font des gaffes/ C'est d'autres qui prennent les baffes/ Les coups sont pour le petit monde/ Les grands sont loin de cette mare immonde/Je craque, je plaque, tout me jette dans un lac/ J'en ai ma claque, marre de cette vie en white against black/

Le sol se déroberait-il sous nos pas, qu'il faudrait, avant de descendre aux enfers promises par l'appel du vide ainsi suscité, justifier de quelque manière du cri ultime, de la dernière goulée d'air, avant le grand saut, avant d'être à jamais muet.

Vivre est parfois si exaltant. Parfois si éreintant, en retour. Le politique, à telle enseigne essoufflé, tellement anémié, qu'il en provoquerait des marées de déchets, déchets à récupérer par des mains calleuses, rendues calleuses à force de gratter des guitares acoustiques.

Le politique, ravalé par des menées hardies de haines minuscules, parce que haines tout simplement déjà; des idées pour lesquelles l'inceste et le fratricide tiennent lieu de manuels d'instruction civique, de Nirvana. La politique, terrassée par les feux venus de ventres vides, qu'elle-même alluma. La politique ici, peinture du monde en chromies tyranniques: noir et puis blanc, blanc et puis noir. " White against black", en somme. Le social, par la même occasion, assigné devant la pauvreté crasse des leaders déclarés. Pauvreté de leur créativité, leur générosité. Le social, assignant même le premier leader, Bon, Dieu, qui de tout ça "(s)'en fou(t)/ Se fait vieux ou n'existe pas du tout/ (S)e cache derrière son petit nuage/ A peur pour (s)on visage/". De rage, cracher sur ce visage, car trop de clivages à lui faire payer.

"Il existe des milliards de souhaits dans la moëlle de l'arc-en-ciel". Celui du pays des Crevettes pourrait en comporter des centaines de millards. Si le personnel politique voulait bien se tenir debout un instant, même celui d'un cliché.

Cyril Effala était, de l'avis même d'un certain Mongo Beti, un engagement que la politique camerounaise s'attellerait à fort réduire, à faire taire très vite...


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 Post subject: Re: Quand la langue traverse la rue Castor: politique,engagement
New postPosted: 15 Nov 2009 15:21 
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Joined: 15 Nov 2009 15:03
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LE BILAN DE 27 ANS DE RENOUVEAU DE PAUL BIYA EST TREEEEES POSITIF... DECOUVREZ VOUS MEMES CETTE VIDEO...

http://www.youtube.com/watch?v=ZmSKtb6qAow
http://www.facebook.com/inbox/?ref=mb#/ ... 0508260635


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